Arkheia, revue d'histoire

L’Histoire politique, quand même !

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Critiques de livres

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Gilles Le Béguec, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris X Nanterre, plaide en faveur d’une histoire de la pensée politique. Pour donner un titre à l’ouvrage (1) qui rend compte du colloque de Gimel (Corrèze) organisé le 17 septembre 2005 par la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze en l’honneur de Gilles Le Béguec, il convenait de retenir, précisément, celui de la communication de cet éminent chercheur en histoire politique. Exposé doctrinal et profession de foi, c’est un texte d’une rigueur, d’une précision, d’une densité remarquables.

Son auteur le place délibérément dans le sillage d’un livre intitulé Pour une histoire politique : cet ouvrage collectif, réalisé sous la direction de René Rémond, fut reçu dès sa parution en 1988 comme le manifeste de l’Ecole de Nanterre, adversaire de l’Ecole des Annales. Position d’autant plus opportune que des philosophes, des juristes, des sociologues n’hésitaient pas à jouer auprès des historiens proprement dits un rôle sans cesse grandissant, au point d’altérer profondément le fruit des travaux portant sur une histoire politique spécifique, celle qui concerne la nature et le fonctionnement des institutions, l’élaboration et l’évolution des doctrines, les mécanismes du système des partis. Gilles Le Béguec est convaincu que la politique possède une "épaisseur propre", serait-ce seulement à cause du rôle irremplaçable d’une action privilégiée : la prise de décision. Elle est largement tributaire de l’équation personnelle de ceux qui créent l’événement et ne peut trouver d’explication satisfaisante dans les domaines - socio-culturel, socio-économique - extérieurs à la sphère du politique. Croyant à la spécificité intrinsèque de celle-ci, il accorde une importance primordiale à tout ce qui concerne les compétitions pour la conquête du pouvoir et les modalités de la gouvernance. En ce sens, il se réclame des enseignements de l’école dite "néomachiavelienne", notamment de Bertrand de Jouvenel, l’auteur de Du Pouvoir et de La Politique pure. Dans son désir de conjuguer les approches de l’Histoire et celles de la Politique pure, le professeur Gilles Le Béguec admet que l’on prenne en compte la dimension culturelle de questions telles que le discours, la propagande, la communication, l’influence exercée par les différents entourages, mais il s’inquiète vivement du recours trop fréquent au concept de culture politique, fort hétéroclite et dont les éléments souvent discordants appartiennent à des domaines étrangers à celui de la pensée politique stricto sensu.

Celle qu’il nous propose devra sa fécondité à l’ajustement entre ses outils de compréhension et les impératifs liés à l’histoire vivante : l’évolution des rapports de forces et des enjeux, le choix des priorités, l’élaboration des stratégies en vue de la conquête du pouvoir. Le renom et l’influence du professeur Le Béguec ont (...)


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