Arkheia, revue d'histoire

L’alliance entre l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne : 70 ans après

Par Gilbert Beaubatie
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Seconde Guerre mondiale

(...) 

L’arrivée au pouvoir d’Hitler le 30 janvier 1933 et la proclamation du IIIe Reich (août 1934) mettent fin provisoirement à cette « lune de miel ». Staline, en effet, impulse une nouvelle politique étrangère : à cause du réarmement allemand, il signe en 1935 avec Pierre Laval un traité d’assistance mutuelle ; il invite les partis communistes à mener une lutte antifasciste ; il cautionne la formation des Brigades internationales et l’envoi d’une aide militaire aux républicains espagnols. Mais à partir de 1937, conscient de l’inéluctabilité d’une guerre, il choisit une autre stratégie. A l’intérieur du pays : entre le 30 juillet 1937 et le 17 novembre 1938, il ordonne une gigantesque répression de masse, au cours de laquelle environ 750 000 hommes, femmes et enfants sont éliminés. Il s’agit de renforcer un pouvoir personnel et despotique, de se doter « d’un monstre », mais à condition de pouvoir le dominer. A l’extérieur : Staline ne manque pas d’être impressionné par les coups de force réussis par Hitler, qui successivement s’empare de l’Autriche (mars 1938) et des Sudètes (septembre 1938) avant d’envoyer ses troupes à Prague, le 15 mars 1939. Or, cinq jours avant, devant le XVIII ème Congrès du Parti communiste de l’URSS, il a prononcé un important discours : selon lui, une nouvelle « guerre impérialiste » a commencé ; démocraties et pays fascistes vont en découdre. Dans ces conditions, l’URSS doit « continuer la politique de paix et de consolidation des relations d’affaires avec tous les pays ». Y compris, donc, avec l’Allemagne nazie ! Mais à condition de faire monter les enchères de son alliance. C’est ce qu’il va vite s’employer à faire…

Secrètement, on négocie

Alors que des négociations publiques sont engagées avec la France et la Grande-Bretagne qui aboutissent à un accord d’assistance militaire, de hauts responsables allemands et soviétiques nouent des contacts secrets. Surtout après le 17 avril 1939, jour où le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères allemand a reçu la visite de l’ambassadeur d’URSS et appris, non sans surprise, que « la politique russe n’a jamais dévié de la ligne droite » et que l’URSS « ne voit aucune raison de ne pas entretenir avec l’Allemagne des relations normales, relations qui pourraient aller en s’améliorant sans cesse ».

Les rencontres se suivent et débouchent sur du « tangible », au détriment de l’Etat polonais. Le remplacement de Maxim Litvinov (3) au poste de commissaire aux Affaires étrangères, le 3 mai 1939, par Molotov, traduit le retournement stratégique que le « Petit Père des Peuples » a décidé. Alors que le premier symbolisait l’attachement soviétique à la politique du rapprochement avec les démocraties occidentales, le second, très proche collaborateur de Staline, est un exécutant zélé. Le 20 mai, l’ambassadeur (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Toutes les questions et les réponses sur l’Occupation
99 questions... La France sous l’Occupation de Max Lagarrigue. L’indipensable ouvrage pour tout comprendre sur le sujet. Pour le commander cliquez ici
Luchy : il y a 95 ans, se déroula la (...) La Dépêche | Publié le 11/11/2009 10:58 Un après-midi d’août 1914 plus de 800 soldats montalbanais furent tués en Belgique En ce jour de célébration du quatre-vingt onzième anniversaire de l’armistice (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia