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L’alliance entre l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne : 70 ans après

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale

(...) allemand à Moscou, von Schulenberg, s’entretient avec lui. Dans le rapport qu’il expédie à Berlin, il estime qu’ « un heureux aboutissement des discussions économiques contribuerait également à créer une atmosphère politique favorable ». Le 22 juillet, la reprise des relations commerciales entre les deux pays est devenue effective, et quatre jours plus tard, au cours d’un dîner intime entre Astakhov, le chargé d’affaires soviétique à Berlin, et Shnurre, un diplomate allemand chargé des relations commerciales, ce dernier soutient qu’ « en dépit de toutes les divergences de conceptions philosophiques, il existait bien un lien entre les idéologies allemande, italienne et soviétique : l’opposition aux démocraties capitalistes ». A son tour, Molotov entre dans la partie et accélère le processus du rapprochement, qui, comme le souligne Stéphane Courtois, aboutit au terme de seulement une semaine !

Le 15 août 1939, à 4 h 40 du matin, le ministre allemand des Affaires étrangères, von Ribbentrop, demande à son ambassadeur von Schulenberg de se rendre au plus vite chez Molotov afin de l’assurer que « la politique germano-soviétique est parvenue aujourd’hui à un tournant historique » (…), que « le gouvernement du Reich et le gouvernement soviétique doivent, tirant la leçon de toute l’expérience du passé, tenir pour certain que les démocraties capitalistes de l’Occident sont les ennemies implacables à la fois de l’Allemagne nationale-socialiste et de l’URSS ». Et von Ribbentrop de faire savoir qu’il est prêt à se rendre à Moscou pour rencontrer son homologue, ainsi que Staline. Le 19 août, Staline, averti de l’impatience d’Hitler et de la possibilité qu’éclatent « d’un jour à l’autre » de sérieux incidents avec la Pologne, explique devant le Bureau politique quelles seront les conséquences de la signature d’un pacte de non-agression avec l’Allemagne nazie : « Elle attaquera évidemment la Pologne, ce qui rendra inévitable l’intervention de la France et de l’Angleterre. L’Europe occidentale sera alors la proie de troubles et de désordres graves. Dans ces conditions, nous aurons de grandes chances de rester à l’écart du conflit, et nous pourrons espérer entrer en guerre lorsque ce sera avantageux pour nous ».

Le 21 août, Staline informe Hitler qu’il est en mesure de recevoir von Ribbentrop le 23 août. Ce jour-là, à Moscou, un pacte de non-agression, entre les deux régimes totalitaires, est signé par les ministres Molotov et von Ribbentrop. Un protocole secret l’accompagne. Staline porte un toast et boit à la santé du Führer, que « la nation allemande aime » (sic) !

Les dessous de la politique stalinienne

Stéphane Courtois nous aide à mieux comprendre les raisons qui ont poussé Staline à se rapprocher d’Hitler. A partir d’une documentation trop mal ou insuffisamment connue (...)



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