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L’alliance entre l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne : 70 ans après

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale

(...) comme, entre autre, le Journal de Georgi Dimitrov, secrétaire général du Komintern.

Staline est partisan d’exacerber « les contradictions inter-impérialistes » et considère que la guerre, voulue par Hitler, ébranlera et sapera le système capitaliste. Par conséquent, les partis communistes devront « prendre position contre leur gouvernement » et « contre la guerre », car « la séparation entre Etats capitalistes fascistes et démocratiques a perdu le sens qu’elle avait ». Conformément au protocole secret, l’Armée Rouge envahit la Pologne orientale le 17 septembre, et quatre jours plus tard, elle entre en contact avec l’armée allemande « dans un stupéfiant climat de fraternité d’armes » (Stéphane Courtois) ; à Brest-Litovsk, que les Soviétiques occupent, les deux vainqueurs défilent ensemble. Le 27 septembre, Ribbentrop se rend au Kremlin, où le lendemain il signe un traité « de délimitation des frontières et d’amitié » : l’Etat polonais est rayé de la carte européenne. Staline ne s’arrête pas là : il cherche à agrandir la sphère d’influence soviétique, au détriment d’abord de la Finlande, attaquée le 30 novembre et vaincue seulement le 12 mars 1940 ; puis de l’Estonie (le 12 juin 1940), de la Lituanie (le 17 juin), de la Lettonie (le 18 juin) et de la Roumanie, qui, pour éviter d’être attaquée, doit lui céder la Moldavie et la Bukovine du Nord. Les trois Etats baltes deviennent des « républiques soviétiques ».

Cette dilatation de l’espace soviétique s‘accompagne d’une terreur de masse et d’une « goulagisation » : environ 450 000 personnes massacrées ou déportées en Pologne orientale, entre septembre 1939 et le 22 juin 1941 ; 23 000 Estoniens déportés entre juin 1940 et juin 1941. A Katyn, sur les ordres de Staline, plus de 4000 officiers polonais, prisonniers de guerre, ont été tués d’une balle dans la tête. Partout, une véritable politique génocidaire, cherchant à liquider « des fractions sélectionnées » de population : officiers, intellectuels, nationalistes. Un seul objectif : consolider l’impérialisme soviétique et créer « un homme nouveau ».

Entre l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne, les relations sont au beau fixe : un important accord commercial est signé au mois de février 1940. Tandis que l’Allemagne livre à l’URSS du matériel industriel et militaire (y compris un croiseur), l’URSS approvisionne son partenaire en céréales, pétrole et minerais. Lorsque l’armistice est signé à Rethondes le 22 juin 1940, Molotov se fend de félicitations au Reichsführer Hitler !

L’attitude des communistes

A l’annonce de la signature du pacte germano-soviétique, dirigeants et militants communistes ont réagi différemment. Alors que Maurice Thorez rejoint son régiment en Champagne avant de « déserter » en URSS au mois de novembre, que Jacques Duclos, chargé de (...)



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