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L’alliance entre l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne : 70 ans après

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale

(...) reste persuadé que l’assaut prévisible sera reporté à l’année suivante. Le 16 juin, les services de renseignements ont beau l’avertir qu’il peut survenir « à n’importe quel moment », il se contente de prendre les choses à la légère : « Vous pouvez envoyer votre « informateur » de l’état-major de l’aviation allemande baiser sa mère. Ce n’est pas un informateur mais un déformateur ». On connaît la suite : le 22 juin 1941 a débuté le plan d’attaque de l’URSS, le plan Barbarossa !

Dès lors, Staline est condamné à revoir entièrement ses alliances et se retrouve dans le camp des puissances alliées contre les puissances de l’Axe. Mais il n’envisage aucunement de renoncer aux conquêtes obtenues à la suite du pacte germano-soviétique. Les conférences internationales de Téhéran, Yalta et Postdam vont consacrer les frontières tracées avant l’attaque de l’URSS.

Trois mémoires du communisme

Au terme de ce brillant essai, Stéphane Courtois tient à rappeler plusieurs faits : les énormes traumatismes qu’ont fait subir aux populations civiles les deux totalitarismes, entièrement complices le refus des autorités soviétiques de reconnaître certains faits, rigoureusement prouvés par la recherche historique le négationnisme, dont elles se sont rendues coupables, en accusant les nazis d’avoir commis le massacre de Katyn les permanences et la réactivation de trois mémoires divisées :

- 1) une mémoire tragique et traumatisée, en Europe centrale et orientale, à cause de la terreur de masse exercée par le NKVD et les autres polices politiques communistes ;

- 2) une mémoire glorieuse et louangeuse, en Europe occidentale, portée par « le charme universel d’octobre » (François Furet), par l’antifascisme des années 30 et le résistantialisme communiste à partir du 22 juin 1941, et amplifiée par une puissante propagande, à tel point que se sont imposées « une hypermnésie de l’antifascisme et une amnésie de l’alliance soviéto-nazie » (sic) ;

- 3) une mémoire schizophrénique en URSS, aujourd’hui en Russie, à la fois tragique et glorieuse ; tragique à cause de la terreur et du goulag ; glorieuse, parce qu’en dépit de pertes et de souffrances colossales, la contribution de l’URSS à la victoire de 1945 a été décisive.

Soixante-dix ans plus tard, il est plus que temps de reconnaître et de dénoncer la dimension criminelle de l’alliance soviéto-nazie. La belle étude de Stéphane Courtois y contribue puissamment. A coup sûr, elle mérite d’être mise entre les mains de tous les professeurs d’histoire, sans excepter celles des nostalgiques du totalitarisme, quel qu’il soit.

- 1) Stéphane Courtois, Retour sur l’alliance soviéto-nazie, 70 ans après, Fondation pour l’Innovation politique, Paris 2009.

- 2) L’Ukraine, qui faisait partie des territoires cédés, a été récupérée (...)



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