Arkheia, revue d'histoire

L’année 1947 et le Parti socialiste entre Résistance et République, S. Bernstein

Par Sylvain Boulouque
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Article publié dans
Arkheia n°5-6

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Ces deux publications sont nées de colloque tenu respectivement les 4 et 5 décembre 1997 à l’Institut d’étude politique et organisé par le Centre d’histoire de l’Europe, pour le premier, et les 22 et 23 octobre 1998 et organisé par le Centre d’histoire sociale du XXe siècle, le Centre d’histoire de l’Europe, la Fondation nationale des Sciences politiques et l’Office universitaire de Recherche socialiste, pour le second. Ces deux ouvrages sont d’ores et déjà devenus des classiques de l’historiographie, marquent à la fois un bilan d’étape et fournissent des perspectives qui peuvent susciter des vocations. Le cadre générale est dessiné par le premier, consacré à l’année 1947 et dont l’architecture suit une répartition quadripartite. Cette date a effectivement marqué un tournant à tous les niveaux : politique, économique et sociale. Elle clôt la période directement héritée de la libération et fait entrer la société française dans une nouvelle ère. Le premier grand thème consacré au impératif de la reconstruction et à la volonté de modernisation souligne l’immense volonté de changement et la nécessité de moderniser l’ensemble des structures économiques. Le deuxième partie inscrit la France dans le nouveau contexte international : de l’analyse de l’évolution du statut de l’empire colonial à au stratégie de défense nationale. Si son entrée en guerre froide fut, comme le souligne Pierre Grosser, plus long que ces homologues européens, c’est par ce que les processus de maturation politique relèvent autant du contexte international que des stratégies politiques intérieurs et internes à chaque parti. Le troisième thème poursuit l’interrogation sur les nouvelles formes que prend la République. Du changement constitutionnel à la création de nouveaux partis, en passant par les méthodes et les moyens utilisés par le pouvoir pour faire face aux manifestation de rue et aux « grèves insurrectionnelles » de l’automne. Dans cette réflexion à plusieurs voix, Philippe Buton, dans une riche contribution sur l’éviction des ministres communistes, souligne quelles étaient les visées du Parti communiste et de ses dirigeants au Kremlin. La dimension légaliste du Parti ne sert que de paravent à la dimension internationaliste : la volonté de prendre le pouvoir. Il rappelle ensuite comment l’historiographie communiste a cherché à édulcorer le phénomène voir à le faire oublier, alors qu’il s’agit bien, comme il le montre, archives à l’appuie, d’une stratégie internationale, décidée à Moscou. De même, Marc Lazar inscrit le communisme français dans une perspective internationale et comparatiste. il souligne le poids de la conférence de Szklaarska-Poreba, dans le tournant stratégique des PC occidentaux. Cette guerre froide rejoint le champ culturel, comme l’expose Pierre Milza, où deux clans radicalement différents se forment. La cita-delle communiste avec ses capacités de promotion (...)

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