Ainsi, l’image de ce midi toulousain “ rouge ” et agité ne faisait pas de doute dans l’esprit du Général.C’est donc le phénomène antigaulliste dans la région Midi-Pyrénées que la présente contribution désire analyser. Le cadre chronologique couvre les années 1947-1969, c’est-à-dire de la création du Rassemblement du peuple français à Strasbourg (7 avril 1947 ) à la démission du général de Gaulle à la suite de l’échec du référendum portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat (28 avril 1969). Ainsi n’aborderons-nous pas le “ gaullisme après de Gaulle ” pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Andrew Knapp . Notre propos s’organisera autour de trois thèmes. D’abord, la réalité électorale de cet antigaullisme. Ensuite, la réalité politique de celui-ci à travers les écrits et les attitudes des élites politiques et journalistiques de la région. Enfin, nous tenterons d’avancer quelques hypothèses pour expliquer la prégnance de l’antigaullisme en Midi-Pyrénées. La réalité des urnes. Pour analyser cet antigaullisme électoral, il convient de distinguer les types de scrutin c’est-à-dire les scrutins où de Gaulle s’engage largement tels les référendums et l’élection présidentielle de décembre 1965 d’une part, les scrutins législatifs au cours desquels le parti gaulliste, sous ses divers sigles, est l’outil principal de la bataille électorale, d’autre part . Débutons par l’analyse des votes en Midi-Pyrénées à propos des référendums entrepris par le général de Gaulle à partir de son retour au pouvoir en 1958. Concernant le référendum du 28 septembre 1958 demandant approbation de la nouvelle constitution, l’électorat midi-pyrénéen approuve largement le texte . 70,9 % de oui en Ariège, 84,4 % en Aveyron, 75,4 ù en Haute-Garonne, 78 % dans le Gers, 76,2% dans le Lot, 80,2 % dans les (...)
Manuel Azaña et la France sous la direc. de Jean-Pierre Amalric. Autour des meilleurs spécialistes et témoins, tout sur le rapport de l’ancien chef d’Etat avec la patrie de Molière