Arkheia, revue d'histoire

L’antisémitisme dans les trois grands quotidiens de la presse bordelaise sous l’Occupation

Par Patrice Lussac
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Article publié dans
Arkheia n°5-6
Auteur : Patrice Lussac, étudiant en DEA d’Histoire contemporaine à l’Université Michel de Montaigne, Bordeaux III. Titulaire d’une maîtrise qui s’intitule : « La vision des juifs à travers les grands quotidiens de la presse bordelaise sous l’Occupation ».
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(...) politique anti-juive. Chaque quotidien bordelais possédait ses propres éditorialistes, ce qui n’empêchait pas d’autres journalistes de signer de leur plume certains éditoriaux. L’exemple le plus important est celui de Robert de Beauplan. Il était journaliste à L’Illustration et signait parfois des éditoriaux antisémites pour La Petite Gironde. Jusqu’à la libération les journaux bordelais se sont montrés plus engagés dans leurs propos, contrastant ainsi avec leur attitude du début de l’Occupation. Or, la propagande antisémite qui devait préparer la population bordelaise à l’application de la « Solution Finale » s’est révélée être un échec. Plusieurs raisons expliquent cet échec. Tout d’abord, la presse a vite été délaissée par la population, qui la jugeait trop favorable aux Allemands et qui ne la lisait que pour s’informer des ravitaillements. Ensuite le nombre de rafles devenait de plus en plus important et montrait ainsi aux Français les traitements réservés aux juifs. Il faut, néanmoins, minimiser l’initiative de ces journaux qui étaient soumis à une censure très dure. Il ne fait cependant aucun doutes qu’ils ont été infiltrés par des éléments collaborationnistes, l’exemple de Valeton accrédite parfaitement cette idée. Cela s’est traduit par la présence d’éditoriaux antisémites, qui ont pu contribuer à l’application de la « Solution Finale » en entretenant un climat de rejet voire de haine des juifs. Les journaux bordelais rentraient dans une stratégie qui consistait à façonner l’opinion publique. Cependant, la fin de l’Occupation s’est traduite par le rejet des soldats allemands et du régime de Vichy, ainsi que toute leur législation. Malgré l’apparition de nouvelles rubriques comme celle de la : « Vente de biens juifs », la propagande n’a pas réussi à atteindre son but. Cette rubrique comportait des annonces de ventes de biens spoliés à des juifs qui bien souvent avaient déjà été internés au camp de Mérignac, puis déportés vers les camps de la mort. L’antisémitisme, s’est pourtant au fil de la guerre apaisé, enlevant une part de légitimité au régime de Vichy et à la présence des Allemands qui justifiaient l’Occupation par la nécessité de : « Débarrasser la France de l’influence juive ». Malgré un véritable effort de la propagande, la population bordelaise n’est, dans la majorité des cas, pas tombée dans un antisémitisme exacerbé. 
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