Arkheia, revue d'histoire

L’opération de sabotages franco-américaine à Lamagistère, 15-16 août 1944

Par Jacques Latu
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Article publié dans
Arkheia n°1
Auteur : Jacques Latu est conservateur émérite du musée de la Résistance et de la Déportation de Montauban.

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L’opération de commando de Lamagistère, à la limite du Tarn-et-Garonne et du Lot-et-Garonne, contre les ouvrages de la voie ferrée Bordeaux-Toulouse fortement défendus par la garnison allemande, dans la nuit du 15 au 16 août 1944 conduite par un commando américain, un groupe FTP du Lot et des FFI de la 8e compagnie de l’Armée Secrète du Tarn-et-Garonne reste un épisode peu connu de la Résistance.

Cette action se solde par un échec et par la mort d’Emmanuel Salvador, alias Mosquito, spécialiste dans les sabotages, que ses amis avaient surnommé le "roi du plastic".

Les documents d’archives, les témoignages, une étude pour replacer cette opération dans le contexte de l’époque sans oublier de retracer la participation des acteurs nous ont permis d’écrire cette page de l’histoire de la Résistance.

Les contacts du major anglais Mac Pherson avec la Résistance tarn-et-garonnaise

Le major Mac Pherson, parachuté d’Angleterre est nanti d’un ordre de mission de l’Etat Major inter-allié pour contrôler la région, intensifier les sabotages sur les voies ferrées et se mettre en contact direct avec les chefs des FFI. Ses trois venues en Tarn-et-Garonne marquent un épisode dans cette période de la Résistance. Son poste de commandement est installé à Maurs dans le Cantal (à la pointe Sud-Ouest de ce département, à courte distance du département de l’Aveyron et du Lot). [1]

Le 9 juillet 1944, Pérrin [2] indique dans une note adressée à Nil qu’il a eu des contacts dans l’Aveyron avec Mac Pherson. [3] Pérrin ignore où se trouve Nil - Noël Duplan, montalbanais devenu chef départemental des FFI en Tarn-et-Garonne - il indique comme point de chute l’école de Mouillac, demeure de Sim - Mademoiselle Simone Baude institutrice résistante - et donne aussi l’adresse de Deville - (Duclos) commandant la 7e compagnie AS à Pet-Sec à l’intérieur du camp de Caylus.

Le 12 juillet 1944 le major Mac Pherson en tenue d’officier de Highlanders, vêtu du Kilt que portent les montagnards écossais et de la tunique kaki, arrive avec un compagnon par le chemin d’Aubrelong qui monte à Pet-Sec. Ils sont alors interceptés par une patrouille du maquis Bir Hakeim sous la direction du chef Tataouine (André Fiquet) et gardés à vue. [4] Questionné, le major “ ne veut parler qu’à un officier français “. Soupçon, prudence et surveillance de la part des maquisards qui, en l’absence de leur chef, d’un officier font appel à Théophile Trapp - officier d’artillerie de carrière, commandant la 4e compagnie AS jusqu’au 10 août 1944, dans le secteur de l’Honor-de-Cos qui campe à Pech-Vert, à côté de Pet-Sec. L’officier français et l’officier anglais présentent leur appartenance à la Résistance pour l’un, leur titre de gradés et pour Mac Pherson l’ordre de mission en France de l’Etat Major inter-allié signé du général de Gaulle. Mac Pherson (...)


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