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LDH : les liaisons dangereuses de la Ligue des droits de l’homme partie 2

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : historien et journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) fondateur du musée de l’Homme, défend-il cette orientation dans un rapport adopté par le congrès de la LDH en 1952. C’est au nom de cette « mission civilisatrice » qu’il adhère, en 1956, à l’Union pour le salut et le renouveau de l’Algérie française (USRAF) 23. Ce choix en faveur de l’Algérie française est partagé par l’ethnologue Albert Bayet, président de la Ligue de l’enseignement et compagnon de route du PCF – il est un des fondateurs de l’association France - URSS et l’un des témoins de moralité de l’hebdomadaire communiste les Lettres françaises dans le procès en diffamation intenté par Victor Kravchenko . Il affirme que « l’indépendance algérienne constituerait un renoncement à l’oeuvre civilisatrice de la France qui a implanté en Algérie le progrès, la laïcité, les droits de l’homme et qui abandonnerait la population algérienne à un islam réactionnaire, clérical et rétrograde ». Durant les premières années de la guerre d’Algérie, Émile Kahn, président de la Ligue de 1953 à 1958, incarne une ligne favorable à un « colonialisme de progrès ». À partir de 1958, la prise en main de la Ligue par le socialiste Daniel Mayer insuffle un nouveau virage à l’association. Condamnant la torture et la répression de l’armée française en Algérie, elle rejoint le camp de l’anticolonialisme. Après la Révolution française et l’antifascisme, l’anticolonialisme va devenir le troisième pilier d’une Ligue des droits de l’homme idéologiquement hémiplégique. Discrète sur la répression de l’insurrection de Budapest en 1956, sur les crimes du FLN algérien ou des Nord-Vietnamiens, indifférente aux dissidents soviétiques, elle dénonce sans relâche (et parfois à juste titre) mais toujours sans nuances les crimes ou atteintes aux libertés commis par les puissances « impérialistes » au premier rang desquelles elle place bien évidemment les États-Unis. L’historien Pierre Vidal-Naquet, signataire du « Manifeste des 121 » qui appelle à la désobéissance contre la guerre d’Algérie, confirme, par ailleurs, que dans la première préface de son livre « L’Affaire Audin » (1958), rédigée par le savant et expert des questions coloniales Robert Delavignette, la condamnation des crimes du Viêt-minh, est évincée pour ne pas rompre avec les Communistes.

Cette vision d’un monde divisé entre dominants – toujours coupables – et dominés – toujours innocents – est transposée à l’intérieur même du territoire français. Elle explique sans doute aujourd’hui le militantisme sans réserves de l’association en faveur des sans-papiers 24 et plus récemment le soutien à la thèse d’une « fracture coloniale » contribuant à maintenir les enfants et petits-enfants d’immigrés dans une situation d’éternelles victimes d’une République française présentée comme raciste. Une (...)



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