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LDH : les liaisons dangereuses de la Ligue des droits de l’homme partie 2

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : historien et journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) orientation que la présidence de Michel Tubiana a menée de front aux côtés du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) dirigé par le conseiller régional PCF d’Île-de-France, Mouloud Aounit 25. Les deux hommes s’affichent sans complexe aux côtés du prédicateur musulman Tariq Ramadan. Ils lui ont permis de prendre pied au sein de la commission « islam et laïcité ». Cette structure créée en 1997 par la Ligue de l’enseignement – incarnation par excellence de l’éducation populaire laïque – s’était fixée pour mission d’établir un dialogue interreligieux avec l’islam. Progressivement désertée par les musulmans modérés et laïcs – Soheib Bencheikh et Leïla Babès notamment – et malgré le désaveu de la présidente de la Ligue de l’enseignement, Jacqueline Costa-Lascoux, chercheuse au Cevipof et éminente spécialiste des questions musulmanes, la commission a été prise en main par la LDH, soutenue par le Monde diplomatique. Elle a contribué à légitimer Tariq Ramadan parti à l’assaut des plateaux de télévision, des colloques et des conférences internationales pour défendre sa conception rétrograde de l’islam. Ainsi lorsqu’il publie, en octobre 2003, un texte désignant comme juifs quelques grands intellectuels français, la commission « islam et laïcité » prend ardemment sa défense. Véritable passerelle entre islamistes et contingents de la gauche tiers-mondiste et laïque, la commission ouvre la voie à la défense commune de prérogatives communautaires et religieuses. Côte à côte, la LDH, le Mrap et cette commission se manifestent comme les opposants les plus ardents à la loi interdisant les signes religieux à l’école. Pour justifier le port du voile, Michel Tubiana introduit l’idée d’une laïcité « ouverte » respectant les traditions communautaires : « Ainsi, on s’interdit de regarder la polysémie que recouvre le port du voile : de la soumission la plus achevée à un ordre patriarcal et religieux à la simple habitude culturelle, cette diversité n’appelle pas, à l’évidence, les mêmes questions et les mêmes réponses. Il n’existe pas une seule grille d’analyse pour comprendre ces situations et y réagir 26. » Cette interprétation, formulée lors d’un débat organisé par le journal L’Humanité, laissa dubitative Zazi Sadou, représentante du Rassemblement algérien des femmes démocrates : « Si, en France, les jeunes filles voilées aujourd’hui mettent plutôt un bandana, est-ce du domaine de l’acceptable, alors que le sens profond du voile est de faire de la femme un objet sexuel, et qu’il est devenu un uniforme codifié par une internationale islamiste ? » Attention, prévient-elle, « à ne pas être amenés à reconnaître des particularismes qui ne sont pas acceptables. Dire que la lapidation ou le voile est une question de culture, c’est (...)


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