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LDH : les liaisons dangereuses de la Ligue des droits de l’homme partie 2

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : historien et journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) une grave régression 27 ». Le temps où les militants de la LDH organisaient, en 1929, un débat contre le voile islamique dans les colonies françaises semble bien loin ! Cette fracture du mouvement antiraciste sur la question du voile et finalement sur la place de l’Islam en France, a des conséquences inquiétantes notamment au sein de l’éducation nationale où la LDH et le MRAP ont la sympathie de nombreux enseignants. Comme le révèle un rapport rendu en juin 2004 au ministre François Fillon et demeuré peu médiatisé 28. Son auteur, l’inspecteur général Jean-Pierre Obin, dévoile que les dérives communautaires et religieuses ne cessent de progresser au détriment des principes de l’école républicaine et laïque. Cette expertise confirme et officialise les travaux du collectif d’enseignants qui avait mené à l’édition des « Territoires perdus de la République ». 29

Désignant d’abord l’interdiction du voile à l’école comme discriminatoire, la LDH qualifiait la loi votée le 15 mars 2004 « d’islamophobe » pour ne pas dire raciste. Le nouveau président de la LDH, Jean-Pierre Dubois, qui a remplacé Michel Tubiana en juin 2005, confirme cette tendance dans sa perception d’une laïcité ouverte : « Être laïc aujourd’hui, c’est d’abord lutter contre les atteintes à la liberté de conscience — et en particulier à la liberté religieuse — et à l’égalité dans l’exercice de cette liberté 30. » Employée à tout bout de champ pour qualifier des positions opposées aux islamistes ou critiques à l’égard de l’islam, l’expression « islamophobie » est également caractéristique de ce glissement des deux associations. Usant des mêmes procédés qui permettaient aux communistes d’exclure leurs détracteurs par l’épithète de « fasciste », l’islamophobie renvoie vers l’anathème de « raciste ». Thierry Meyssan, le journaliste qui a fait fortune en mettant en doute la réalité des attentats du 11 septembre 2001, va jusqu’à donner une notion de classe au néologisme : « L’islamophobie est d’abord une arme idéologique de la haute bourgeoisie pour la préservation de ses privilèges 31. » Parmi les islamophobes, on retrouve, dès lors, tous les militants antiracistes favorables à la loi contre les signes religieux à l’école : Malek Boutih, ancien président de SOS Racisme, ou Fadela Amara de Ni putes, ni soumises.

Manifestant sa filiation avec la Révolution française, la LDH a symbolisé tout au long de son histoire les deux faces, la vertueuse et l’obscure, de cette période historique. Luttant contre l’injustice et l’antisémitisme lors du procès intenté au capitaine Dreyfus, elle s’enlisa, ensuite, dans un soutien inconditionnel à la révolution russe. Durant l’entre-deux-guerres, pour maintenir à tout prix l’unité du Front populaire, elle s’est compromise dans une sourde myopie face au (...)



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