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LDH : les liaisons dangereuses de la Ligue des droits de l’homme

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : historien, directeur et cofondateur de la revue Arkheia. il est également journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) Michel, Eugène Pottier, le parolier de l’Internationale mais aussi le théoricien du socialisme français, Pierre Proudhon, ont été initiés et fréquentaient les loges. Sans être exhaustif, doit-on rappeler que Joseph Guillotin, inventeur de l’outil de la Terreur de 1793, était membre de la loge Concorde. Véritable laboratoire ex-nihilo des utopies naissantes, les loges, lieux d’échange privilégié des questions de société, autorisent des débats de fond sur l’idée d’une société meilleure, plus juste. Des questions qui sont devenues essentielles pour les responsables de la LDH dont beaucoup ont la double appartenance. Le dispositif favorable à l’aveuglement d’une partie de la gauche française est installé. Ainsi, les conclusions de la commission de la Ligue sont ambiguës. Tout en condamnant les bolcheviks pour la mise en place d’une dictature, la LDH s’oppose à « toute intervention militaire qui prétendrait imposer au peuple russe d’autres institutions que celles qu’il aura librement adoptées », reléguant toute action éventuelle de la jeune Société des Nations – visant à « permettre au peuple russe de choisir lui-même son gouvernement » – à une opération favorable aux contre-révolutionnaires.

L’AVEUGLEMENT FACE AU STALINISME

À partir des années 20, la prise en main de la LDH par Victor Basch accentue la politisation de l’association. Proche des mouvements pacifistes téléguidés par le jeune PCF, la LDH participe à tous les combats pour la défense des militants communistes emprisonnés par la « justice bourgeoise 12 ». Dès 1920, la Ligue prend la défense des militants Boris Souvarine, Fernand Loriot et Pierre Monatte arrêtés et incarcérés lors des grèves de mai « pour complot », et tous les trois favorables à l’adhésion de la SFIO à la IIIe Internationale. Le soutien à la Section française de l’internationale communiste (SFIC) se renforce avec la défense du mutin de la mer Noire, André Marty et ce malgré les attaques de Trotski qui impose aux militants de la SFIC de ne plus appartenir ni à la LDH, ni à la Franc-maçonnerie (décembre 1922). Interdiction temporaire qui n’avait pour finalité pour les dirigeants du Komintern que de se débarrasser de l’aile bien gênante des militants socialistes, Ker et Louis-Oscard Frossard en tête, ayant adhéré au communisme tout en conservant la discipline démocratique de l’ancien parti de Jaurès. Cette politisation croissante de la LDH, pourtant interdite par l’article 14 de ses statuts, se poursuit. Dans le même temps comme le constate l’historien Emmanuel Naquet : « (La LDH) est marquée par une quasi-absence d’attention à la patrie du socialisme. (…) (elle) aurait pu dénoncer la dékoulakisation. La stalinisation du régime n’est pas étudiée et moins encore dénoncée ».13 Épousant la ligne du Komintern dictée aux partis communistes (...)



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