Arkheia, revue d'histoire

1940-42 : Mona Lisa campe à Montauban

Par Jean-Philippe Cros
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Revue de presse

Page suivante

MONTAUBAN (82) : Colloque sur la « France du repli »Jean-Philippe Cros. | 14 Mai 2000 | 00h00

La tenue du colloque sur les réfugiés en Juin 40 « la France du repli », est l’occasion de rappeler que le musée Ingres a abrité de 1940 à fin 1942, les collections du musée du Louvre, dont la Joconde !

Montauban, dans son histoire, a souvent servi de refuge aux hommes et aux femmes, persécutés de tous bords. Mais ce que beaucoup ignorent et qui fait l’objet d’une communication du colloque sur la « France du Repli » aujourd’hui à l’ancien collège, c’est l’accueil, pendant deux ans, des collections du musée du Louvre entre les murs du musée Ingres (1). Mona Lisa en tête, la mystérieuse Joconde ! En Juin 1940, les collections du Louvre qui avaient été déjà éclatées dans différents dépôts de l’ouest de la France, prennent le chemin du sud, en même temps que l’exode (sous la houlette notamment d’André Chamson). Un périple qui va conduire plus de 3.000 tableaux au pied des murs de l’abbaye cistercienne de Loc-Dieu, dans l’Aveyron, entre Caylus et Villefranche-de-Rouergue. Déçues par cette position de repli, minée par l’humidité qui sied mal aux toiles, la direction des musées nationaux décide de leur trouver une destination plus confortable. Elle n’aura pas à chercher loin : Montauban, tout proche, offre toutes les commodités. Le musée Ingres, très vaste, une caserne de pompiers toute proche du site, une ville permettant de loger les gardiens. Au delà d’autres bâtiments seront réquisitionnés : le grand séminaire, le château de Chantilly, le collège Saint- Théodard et le château du Grand Barrau d’Albias.

Les « Noces de Cana » au fossé ! Les convois venant de Loc Dieu s’échelonneront du 28 septembre au 11 octobre 1940, amenant les peintures et dessins du Louvre ainsi que les antiquités orientales du musée Guimet. Seul incident de transfert : les Noces de Cana de Véronèse, une toile géante, versent au fossé du côté de Caylus... Elle s’en relèveront, et toutes les collections, avec notamment Mona Lisa, et la Dentelière, s’installent à Montauban pour deux ans. Entre temps elles seront rejointes par les collections privées prestigieuses provenant des biens juifs mis sous séquestre par Vichy : oeuvres d’art des familles Rothschild notamment (C’est André Chamson, conservateur du musée du Louvre résidant à Montauban, gérera l’opération de préemption pour le compte des musées nationaux). Les collections y seront en sûreté, excepté le tumultueux épisode d’un violent orage doublé d’une tornade qui inonda le musée, heureusement sans dégâts majeurs, le 31 août 1942.

L’invasion de la zone libre par les allemands, fin novembre 1942, provoquera le départ des toiles, Montauban, noeud de communication, pouvant devenir une cible potentielle pour les bombardements (...)


Page suivante


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
D’un totalitarisme à l’autre... Les liaisons dangereuses de la Ligue des droits de l’homme
A lire : La Ligue des droits de l’homme adopta très tôt une attitude complaisante à l’égard du régime bolchevik. Retour sur l’histoire méconnue d’une certaine gauche qui, selon le mot de George Orwell, fut « antifasciste mais pas antitotalitaire ».
Les Tondues de 1944
Félix Stotz : itinéraire oublié et (...) Qui se souvient dans notre département des tortures infligées à de « courageux patriotes » dans les caves froides du 3 Faubourg du Moustier à Montauban, des représailles mortelles contre le maquis de (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia