Arkheia, revue d'histoire

Un appel aux souvenirs franco-belges

Par Jérôme Poupon
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Article publié dans
Revue de presse

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TARN & GARONNE : Initiative conjointe de la ville de Charleroi et du département de Tarn-et-Garonne pour recueillir des témoignages sur l’exode belge en 1940

LaDepeche.fr | 20 Mars 2002 | 00h00

Mai 1940 : le Tarn-et Garonne prend l’accent belge. Devant la poussée allemande, le Consulat de Belgique avec tout son personnel administratif s’installe faubourg du Moustier à Montauban. Les Postes belges s’arrêtent à Moissac. La commune de Charleroi déménage entièrement sur les rives du Tarn : l’échevin, le commissaire de police, les services municipaux, les sapeurs-pompiers, les pompes funèbres et même les bennes à ordure se retrouvent à Montauban... Comme les Alsaciens et les Lorrains, des centaines, des milliers de ressortissants d’outre- Quiévrain trouvent le Tarn-et- Garonne sur le chemin de l’exode.

Un épisode quelque peu oublié. « La Belgique a complètement occulté ce passé », remarque Max Laguarrigue, président de l’association Arkhéïa. « Des personnalités de l’intelligentsia habitaient déjà dans le département : comme Ernest Dufer, futur consul belge, qui résidait à Puylaroque. Ces gens ont servi de relais pour une partie des Belges aisés. D’autres sont partis tout droit vers le sud et sont arrivés ici par hasard : le département est un carrefour. Ils ont été dispersés dans tous les villages ».

Labastide-Saint-Pierre, Albias, Lafrançaise, Montjoie, Finhan, Malause, Castelsarrasin... Toutes ces communes ont accueilli des familles belges.

Arkheia avait d’ailleurs organisé un colloque international en mai 2000 sur le thème de « La France du repli ». Un moyen d’exhumer déjà les souvenirs. Surtout qu’ils sont sous-jacents. Et qu’aucun travail n’a réellement été entrepris pour les défricher.

Le Comité départemental du Tourisme de Tarn-et-Garonne qui participe depuis plusieurs années à des salons en Belgique (Charleroi, Liège Bruxelles) peut en témoigner : « Tous les ans, nous voyons défiler sur notre stand des gens qui nous racontent leurs souvenirs de 1940 en Tarn-et-Garonne », explique Bernard Lucas, directeur du CDT.

Intrigués par ces anecdotes à répétition, les responsables du CDT ont pris l’initiative l’an dernier, au salon de Charleroi, de distribuer un petit questionnaire aux visiteurs belges concernés par les souvenirs de 1940. « Nous avons des liens privilégiés avec la mairie de Charleroi : le bourgmestre a décidé de faire de même à travers son bulletin municipal ». Une quarantaine de témoignages ont été ainsi recueillis en quelques semaines.

VOTRE TEMOIGNAGNE INTERESSE LES HISTORIENS Et le travail de mémoire se poursuit : grâce à la ville de Charleroi qui a dégagé des moyens financiers, une vingtaine de témoignages sont en train d’être enregistrés en vidéo, sous le contrôle des historiens de l’Université libre de (...)


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