Arkheia, revue d'histoire

L’histoire du maquis des Carottes

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Revue de presse

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TARN & GARONNE - Il y a soixante ans LaDepeche.fr | 07 Avril 2003 | 00h00

1940-1944, le maquis des Carottes... Les éditions Arkheia publient cette semaine un ouvrage consacré au principal maquis qui rayonna sur toute la zone de la Lomagne (Beaumont, Lavit) mais aussi sur les communes de Montech, de Finhan et de Montbartier. Cette recherche, fruit du travail opiniâtre de Jacques Latu, conservateur du musée de la Résistance et de la Déportation de Montauban et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia, nous amène au coeur de cette résistance faite à la fois de petits riens et d’actes héroïques. Avec la précision d’un horloger, poussant la minutie jusqu’à donner l’heure d’un rendez-vous, d’une action, l’auteur tente ici le pari de rendre authentique l’action clandestine.

Ce coup de projecteur sur le sud tarn-et-garonnais conduira certainement les lecteurs à plusieurs constats qui mettent souvent à mal certaines idées reçues sur cette période des années noires du gouvernement de Vichy et de l’Occupation.

130 HOMMES Le maquis constitué par la 10e compagnie de l’Armée secrète (AS) est singulier et tardif. En effet, le décompte des effectifs démontre qu’en 1942, seul André Brunel - le futur responsable du maquis - et son ami François Marsol sont membres de cet embryon de résistance. Le groupe commence à s’étoffer durant l’année 1943, date à laquelle une partie de la jeunesse française préfère entrer en clandestinité que partir en Allemagne pour participer au service du travail obligatoire (STO). Il faut attendre le débarquement allié pour que cette 10e compagnie se constitue véritablement en un maquis d’une centaine d’hommes. Ce groupe mobile, peu armé, parti de la commune de Sérignac gagne le bois de la Brugue pour surveiller le terrain de parachutage dit du Viaduc. Le point de commandement est installé à la ferme des Carottes. Dès lors, le maquis de la 10e compagnie prend le nom bucolique de maquis des Carottes.

Le 9 juin, soit trois jours après le débarquement, le maquis des Carottes est rejoint par les gendarmes de la brigade de Lavit-de-Lomagne. En effet, le jeudi 8 juillet, la brigade de Lavit avait reçu l’ordre, comme toutes les brigades de l’arrondissement, de rejoindre Castelsarrasin le 9 juin au soir, « pour être mise sans doute sous les ordres des Allemands » déclare l’auteur. Des gendarmes qui avaient déjà notamment sauvé de l’arrestation le facteur du village, ne sont pas prêts à rejoindre Castelsarrasin et décident « à condition de les faire prisonniers en cours de route » de gagner le maquis des Carottes. L’arrestation est convenue « à la gare d’Asques, au croisement d’Hautebaque » confirme J. Latu. Dans l’après-midi du 9 juin, la brigade quitte Lavit avec armes et matériels à l’aide du camion d’un transporteur local. Quelques (...)


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