Arkheia, revue d'histoire

Femmes tondues : Une histoire encore taboue

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Revue de presse

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Histoire. La revue d’histoire régionale, Arkheia, revient sur le sort des femmes tondues à la Libération.

LaDepeche.fr | 08 Novembre 2006 | 16h57

Le nouveau numéro de la revue d’histoire du Sud-Ouest « Arkheia » est désormais disponible avec un numéro consacré aux femmes tondues.

A l’aide de nombreuses archives et de collections de photographies inédites, Jacky Tronel, chercheur périgourdin, propose une relecture sur les tondues de la Libération. A rebours du sens commun, l’historien périgordin prouve que ces tontes qui se voulaient spontanées et organisées dans la liesse de la Libération, furent programmées sur une période longue de plusieurs mois, le plus souvent avec le blanc - seing d’autorités administratives établies et souveraines. Au fil des photographies, nous scrutons les différentes étapes de ce « carnaval moche «  : où le coiffeur du village apparaît en blouse blanche, où le photographe a été convié pour immortaliser une scène dont la dimension voulue comme pédagogique est patente… Mais pour quoi faire ? L’histoire n’a voulu reconnaître dans ce type d’événement qu’une seule cause, celle de « la collaboration horizontale «  ; pourtant, à partir de l’étude des registres d’écrou d’une centaine de ces femmes internées au camp de Mauzac, Jacky Tronel montre que le motif de « relation (sexuelle ) avec l’ennemi « fut notoirement insignifiant : l’intelligence avec l’ennemi, la trahison, l’atteinte à la sûreté de l’État représentaient près des neuf dixièmes des causes d’emprisonnement. Il n’en reste pas moins que ces femmes subirent une double peine : pour s’être engagées dans la mauvaise voie au nom de leurs idées politiques - ce qu’elles payèrent en tant que citoyennes justiciables, et pour l’avoir fait en tant que femmes - ce qui leur valu de subir ce cérémonial avilissant. Reste que le témoignage de cette forme spectaculaire de machisme fait aujourd’hui horreur - la marque d’une profonde évolution des mentalités.

Egalement dans ce numéro l’histoire revisitée des pendus de Tulle. Juin 1944, un événement dramatique survenu en terre d’Occitanie marqua tellement les esprits qu’il connut une résonance à travers toute la France : 99 habitants de Tulle furent pendus aux balcons de la ville par les hommes de la SS de la division « Das Reich « . Dans le contexte que nous connaissons, où il n’est pas toujours facile d’écrire l’histoire au sens où, de plus en plus souvent, elle se télescope avec les sédiments d’une mémoire décidément plurielle, l’étude minutieuse de l’historien corrézien Gilbert Beaubatie questionne la portée des entreprises insurrectionnelles du Sud - Ouest dans les jours qui suivirent le débarquement de Normandie.

Pour conclure ce numéro très riche, l’universitaire Guillaume Bourgeois a interviewé les historiens Jacques (...)


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