Arkheia, revue d'histoire

La Fédération des oeuvres laïques en Aveyron. Un combat pour la laïcité, 1899-2000

Par Béatrice Sérignac
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Article publié dans
Arkheia n°11-12-13
Béatrice Sérignac : est titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine à l’UTM. Ouvrage sur le théme de l’éducation populaire en Aveyron en préparation avec les Editions du Rouergue

(...) la victoire du bon sens et la défaite du corps omnipotent des instituteurs, privilégiés du régime de la IIIème République". Les élèves renvoyés temporairement sont appelés les petits exclus et l’Eglise leur décerne la médaille de la jeunesse catholique. Dans de nombreux départements catholiques, les prêtres en chaire ordonnent aux pères de familles d’empêcher l’usage de certains livres, sous peine d’être privés de sacrement. Les livres interdits sont généralement ceux de Payot, Bayet, Aulard ou les histoires de France de Deschamps, Guiot, Mane, Rogié, Calvet et Brossolette, Devinat. Certains auteurs interdits sont pourtant réputés comme Lavisse.

En Aveyron la guerre des manuels donne lieu à des incidents locaux entraînant des haines et des rancœurs intenses. La Fédération des Instituteurs et des Institutrices de l’Aveyron va jusqu’à citer l’Evêque de Rodez, Charles de Ligones, en correctionnelle à la suite d’une déclaration dans la laquelle il fait acte de diffamation à l’égard du corps enseignant de l’Etat. Ce procès s’étale sur plusieurs années et se termine par la condamnation de l’Amicale des instituteurs . Selon Maurice Gontard, les incidents les plus violents éclatent dans les villages où la foi religieuse est la plus vive et où le clergé exerce une grande influence sur les populations et où les écoles privées sont peu nombreuses mais en concurrence avec le public.

De cercle en fédération : le mouvement s’adapte à une société en mutation

La Grande Guerre calme les hostilités des deux côtés. La ligue de l’Enseignement participe à l’union sacrée et organise à la Sorbonne le 7 mars 1917, "la journée du serment national ou les grandes associations françaises, synthétisant les grandes familles spirituelles de la Nation se fédèrent pour pousser ensemble à l’unisson dans une démonstration grandiose d’union sacrée ce même cri de ralliement : Toute la France debout pour la victoire du droit." Les activités ne reprennent réellement sur le plan national qu’en 1925 avec la reprise de l’offensive cléricale, au plan local il faut attendre 1927. Prétextant cette nouvelle naissance lors de son 1er congrès d’après guerre, la Ligue modifie ses statuts et son organisation. Elle crée des UFOL (20) par activités et devient la Confédération des Œuvres Laïques Scolaires, Postscolaires, d’Education et de Solidarité sociale. De même, elle décide avec le soutien des élus républicains et des Inspecteurs d’Académies de constituer une fédération par département et de devenir l’élément fédérateur des forces laïques dans le département. En 1926, trente-deux Fédérations sont déjà constituées. À Rodez, les républicains sont encore au pouvoir jusqu’en 1935, la constitution de la fédération est tardive elle a lieu en 1936, avec leur départ comme pour montrer le danger qu’encourraient dorénavant les œuvres laïques sans soutien (...)



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