Arkheia, revue d'histoire

La Lettre pastorale de Mgr Théas, 26 août 1942

Par Pascal Caïla
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Pascal Caïla est historien, titutlaire d’une maîtrise sur le Diocèse de Montauban durant la Seconde Guerre mondiale.

(...) Solages, qui précisait l’égalité des droits des peuples « Juifs ou Païens, Grecs ou Barbares … et donc Français ou Allemands, Anglais ou Italiens, Noirs ou Blancs ». Les influences qui ont pu contribuer à l’évolution de Mgr Théas et la maturation de sa pensée sont pour l’essentiel identifiées . Les liens étroits entre l’évêché de Montauban et l’archevêché de Toulouse et l’Institut Catholique sont à placer au premier rang. Un élément permet d’en apprécier toute l’importance, à savoir le fait que Mgr Saliège se fasse assez fréquemment représenter par son suffragant de Montauban aux réunions de l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques. Plus localement, on sait aussi le rôle joué par un groupe des professeurs du Petit Séminaire, par les Jésuites de Labastiolle, par les Dominicains et le Père Bernadot. On connaît également la part de Témoignage Chrétien remis clandestinement, notamment le cahier spécial intitulé « Antisémite » d’avril - mai 1942 . On évoque enfin des liens préservés avec Bayonne et son évêque Il faut ajouter à ces influences, la prise de position de la hiérarchie catholique, même si elle est plutôt timorée et non publique. En effet, en date du 22 juillet en réaction à la rafle du Vel’ d’Hiv’, l’ACA adresse une lettre de protestation au Maréchal Pétain. Nul doute que Mgr Théas a connaissance de ce message. Et l’on peut penser que Pierre - Marie Théas est non seulement conforté dans sa réflexion, mais plus encore, qu’il perçoive cette lettre comme une autorisation à s’exprimer à son tour. Vient ensuite et bien évidemment, la lettre de protestation de Mgr Saliège, dont Jean Estèbe affirmait d’ailleurs qu’elle avait été largement rédigée par ses collaborateurs, Mgr de Courrèges et le chanoine Jèze. On peut s’interroger avec André Latreille pour « savoir si Montauban doit quelque chose à Toulouse ». Difficile de dire s’il y a eu concertation et en tout cas il n’en existe, à ma connaissance, aucune preuve. Néanmoins il ne fait pas de doute que Mgr Théas s’est inspiré du texte de son métropolitain. Des similitudes existent, au point l’on retrouve des expressions très proches, voire similaires. Quand Mgr Saliège écrit « ils sont nos frères », Mgr Théas dit « tous les hommes sont frères » et tous deux emploient l’expression « comme un vil troupeau ». Reste qu’il y a une grande différence de style et de manière. évêque de Montauban adopte un raisonnement doctrinal très ferme et utilise des mots d’une grande précision : il parle de « scènes horribles », de « sauvage barbarie » et évoquant la déportation redoute « la perspective des plus redoutables dangers ». Enfin et surtout, à la différence de Mgr Saliège, Mgr Théas s’engage personnellement par l’utilisation du pronom personnel « je ». D’autres protestations épiscopales ont été rédigées à la même période. (...)


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Arkheia : Pensez à vous réabonner pour 2012
Avec la parution de nos numéros Les fusillés de la Libération et le hors série Azaña 4-5, nous clôturons l’abonnement 2011. Pour poursuivre votre abonnement pour 2012, n’attendez pas, renvoyez-nous dès aujourd’hui votre demande auquel est jointe votre chèque de 20 euros à Arkheia, 5 bld Marceau-Faure, 82100 Castelsarrasin. Vous pourrez ainsi recevoir en avant-première le numéro spécial Enfance brisée, enfance cachée. Le sort des enfants juifs dans le Sud-Ouest (n°25-26), à paraître au printemps 2012.
De Moissac inondé à Moissac plage, (...) LaDepeche.fr | 02/08/2009 04:34 Mémoire. En cette période de sécheresse la revue Arkheia offre un étonnant contraste en revenant sur les inondations de 1930. Les caprices du temps. Dans son (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia