Arkheia, revue d'histoire

La Lettre pastorale de Mgr Théas, 26 août 1942

Par Pascal Caïla
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Pascal Caïla est historien, titutlaire d’une maîtrise sur le Diocèse de Montauban durant la Seconde Guerre mondiale.
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(...) fins d’une propagande perfide et étrangère qui cherche à entretenir le chaos dans le cœur des Français ». Ensuite, quand le rapport mensuel du commandant de gendarmerie du 30 octobre 1942, précise : « Aujourd’hui, tous les gens de bonne foi savent que les paroles nécessaires prononcées par certains évêques ont eu pour but de sauvegarder des principes et non de déclarer la guerre à un gouvernement auxquels ils restent fermement attachés. Les discours de M. le Préfet, la reprise du Cardinal, qui a rendu un émouvant et vibrant hommage au Maréchal ont dissipé le malaise, […], et ont contribué à resserrer l’union de tous les bons Français » . Quel crédit doit-on réellement accorder à cette mise au point par évêque ? Une volonté d’apaisement, certainement. Un soutien à la personne du Maréchal Pétain, vraisemblablement. Mais aussi, ce que François Delpech, dans le cas de Mgr Saliège, appelle une « contre assurance » pour éviter les représailles d’un gouvernement, dont la politique de collaboration et le chef Laval sont désormais ouvertement contestés sinon rejetés.

Doit-on finalement considérer l’été 1942 comme une frontière définitive dans la trajectoire de Mgr Théas ? La réponse négative apportée par certain doit être nuancée. La prise de position de l’évêque et la forme qu’il lui a donnée constitue au minimum une rupture décisive. Il y a incontestablement un avant et un après 26 août, que Mgr Théas l’ait voulu ou non, qu’il en soit conscient ou pas. Dans les mois qui vont suivre, ses engagements et ses actes à l’égard du STO, de l’Occupant et au final son arrestation confirmeront à défaut d’un statut de Résistant, en tout cas sa complicité active avec la Résistance et un irrémédiable détachement envers Vichy, puis envers le Maréchal Pétain.

 

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