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La Nouvelle Droite et la Tradition de Stéphane François

Par (note de lecture) Denis Andro
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Denis Andro

(...) engagement revêt un sens plus politique, sur fond d’antisémitisme, chez des néo-droitiers. En dépit de la différence avec le traditionalisme catholique « intégriste » (qui peut tenir le traditionalisme ésotérique à la Guénon comme un gnosticisme très suspect, voire sataniste) il se situerait en dernière analyse, comme ce dernier, en référence à la pensée contre-révolutionnaire opposée aux Lumières, avec notamment Joseph de Maistre, à la fois penseur de la contre-révolution et proche d’une franc-maçonnerie spiritualiste, comme matrice commune.

Le phénomène apparaît en tout cas assez important ces dernières décennies, avec une diffusion, à travers des réélaborations locales mais aussi de multiples traductions, en Italie, Scandinavie, Grande-Bretagne, Espagne, Russie, Roumanie, Etats-Unis . Ce milieu est en effet doté à la fois d’une cohérence idéologique et d’un véritable dynamisme. Certains des premiers acteurs contemporains du traditionalisme politique, comme ceux de la revue évolienne française, créée en 1977, Totalité (Daniel Cologne, Philippe Baillet, Georges Gondinet, Claudio Mutti …) se retrouveront progressivement dans des positions éditoriales et de spécialistes (traductions, éditions Pardès assez diffusées par exemple dans certaines bibliothèques publiques par leurs ouvrages de poche B.A.-BA) dans ce qui deviendra un véritable champ, mineur mais efficient dans les « droites radicales » investissant le domaine culturel : plusieurs maisons d’éditions d’extrême-droite (Ars Magna, Dualpha, Akribeia, Avatar ), ont aujourd’hui des ouvrages ou des collections se référant à la « Tradition », le plus souvent dans sa version évolienne. « Baillet « reconnaît que tous les membres fondateurs de la revue Totalité viennent de l’une des familles de l’extrême-droite » (p.66). Des néo-nazi ont participé à cette relecture de la « Tradition » : « ce fut le cas par exemple du SS français Léon Colas qui a participé à la revue traditionaliste Sol Invictus et qui a présidé le Centre d’Etudes Doctrinales Julius Evola, à l’origine de Totalité et de Pardès » (p.61) ; « Cela a été aussi le cas de Michel Bertrand qui a été, avec le SS français Yves Jeanne, l’un des animateurs de la section française de la World Union of National Socialists (WUNS), une association néonazie internationale fondée en 1962 par la nièce de Christian Dior (...) » « (...) il collabora en 1977 au livre hommage à Evola, Julius Evola le visionnaire foudroyé, puis à un numéro de Krisis (…) Il deviendra même l’un des responsables de la revue pérennialiste universaliste Connaissance des religions« (ibid) . Si, pour Stéphane François « ces publications sont un renversement manifeste de ses positions nationales-socialistes initiales », il participe pourtant encore « à des revues évoliennes d’extrême-droite comme Kalki et récemment un ouvrage empreint de sympathie pour la Garde de (...)



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