Arkheia, revue d'histoire

La Nouvelle Droite et la Tradition de Stéphane François

Par (note de lecture) Denis Andro
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Denis Andro

(...) en leur sein nous semblerait non seulement passer à côté de leur histoire depuis le XIXème siècle (souvent à proximité des utopismes et des socialismes), mais encore contribuer à lui abandonner définitivement ce terrain, quand la gauche et l’extrême-gauche manquent cruellement de réflexion sur le phénomène religieux et les « croyances ». « Il ne fallait pas abandonner à la Gauche le monopole de l’Utopie », écrit du reste Daniel Cologne cité par l’auteur (p.45) qui, nous semble-t-il, situe en effet le carrefour des enjeux.

Encore quelques remarques. Dans l’écheveau serré d’affinités « traditionalistes » ou « traditionnelles » mais qui n’est pas homogène, ni sur le plan des « voies » initiatiques ni sur celui des axes politiques (avec des discriminants comme la place tantôt tenue pour légitime pour la « Tradition », tantôt rejetée, du christianisme, de la franc-maçonnerie, du judaïsme, de l’islam) il aurait été intéressant, pour mesurer les convergences mais aussi les rejets, d’analyser la revue guénonienne (non « politique » selon Stéphane François, mais cette approche pourrait être complexifiée) Vers la Tradition, créée en 1982, qui a connu plusieurs phases et influences, avec des collaborateurs ayant des affinités d’extrême-droite ou royalistes, comme Michel Michel (également membre de Politica Hermetica, voir plus bas), Daniel Cologne ou Luc Olivier d’Algange, mais surtout des auteurs investis dans la franc-maçonnerie (André Bachelet), le soufisme (Charles-André Gilis, Olivier Courmes ), les pensées indienne (Tara Michaël) ou chinoise, ou des approches difficilement classables comme celle de René Luong sur la séquence occultiste de Guénon. Sur un plan plus polémique, Stéphane François aurait pu faire référence à la critique décapante, interne à l’occultisme, de A.R. Königstein. (« L’erreur fasciste. Esotérisme et politique » ) qui, lui, défend la modernité comme autonomisation du sujet et une sorte de ligne initiatique de masse antifasciste et, de façon extérieure, (mais non a-priori hostile au pérennialisme) à l’article en ligne sur le site de critique sociale Mondialisme.org relevant le rôle ambigu de la revue Politica Hermetica : cette dernière en effet, para-universitaire, s’est ouverte à son début à des intervenants de la Nouvelle Droite (Philippe Baillet (n°1) , Alexandre Douguine), leur donnant peut-être une légitimité intellectuelle, tout en déroulant un programme d’étude placé sous les auspices – on l’a vu inscrit dans une séquence précise – d’une association-confusion entre Guénon et Evola (« Métaphysique et politique. René Guénon, Julius Evola », n°1, 1987). Elle n’est par ailleurs pas sans liens, par plusieurs animateurs, avec le CESNUR de l’avocat italien spécialiste de l’occultisme et de l’ésotérisme Massimo Introvigne, par ailleurs engagé du côté d’un catholicisme reconquérant - . Politica hermetica a, (...)



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