Arkheia, revue d'histoire

La guerre du Louvre, 1940

Par Michel Rayssac
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia n°22
Auteur : a publié L’exode des musées – Histoire des œuvres d’art sous l’Occupation, Payot, 2007. La première version de cet article a été publié dans le n°2-3 d’Arkheia (2000).

Avec l’entrée en guerre de la France, le 3 septembre 1939, le patrimoine artistique est soumis aux lois des errances. Bien avant le début des hostilités, un plan d’évacuation et de mise en sûreté des collections nationales est mis en place par la direction des Beaux-Arts. Le Louvre connaît l’exode et déménage dans le Sud de la France.

Devant la menace allemande, dès août 1939, les collections du Louvre commencent un premier repli dans plusieurs dépôts du centre et de l’ouest de la France. Les antiquités orientales trouvent refuge à Cheverny, les antiquités grecques et romaines à Valençay, les antiquités égyptiennes à Courtalain, et les peintures dans cinq châteaux de l’Orne et de la Sarthe. La situation ne bouge plus jusqu’en juin 1940. L’exode et l’entrée en guerre de l’Italie, le 10 juin, précipitent l’évacuation toujours plus au sud du patrimoine. Les collections égyptiennes sont mises en sûreté au château de Saint-Blancard, non loin d’Auch. Dans des conditions de précarité extrêmes, les peintures du Louvre, entre le 3 et le 17 juin, gagnent l’abbaye cistercienne de Loc-Dieu, à proximité de Villefranche-de-Rouergue. Là sont rassemblés 3 120 des 3 691 tableaux des dépôts de l’Orne et de la Sarthe . Mona Lisa del Giocondo, la célèbre Joconde peinte par Vinci, et Bouddha, se trouvent ainsi réunis par les hasards de la guerre en Rouergue, l’espace d’un été . Toutefois, des tableaux trop encombrants comme Le Radeau de la Méduse restent au château de Sourches (Sarthe), près du Mans. Dans ce dépôt prestigieux s’ajoutent des caisses en provenance du musée Guimet contenant, entre autres, huit peintures tibétaines représentant divers épisodes de la vie de Bouddha. Cet afflux d’œuvres d’art bouleverse la vie quotidienne à l’abbaye. Car les collections ne se déplacent pas seules. L’abbaye de Loc-Dieu et les quatre villages des alentours accueillent 75 gardiens et leurs familles, soit environ 250 personnes. Mais si accueillante soit-elle, l’abbaye se révèle très vite peu sûre pour la bonne conservation des œuvres entreposées. Les caisses supportent mal le voyage et sont gagnées par l’humidité « le bois présentant une couleur blanchâtre, et tombant déjà en pourriture au toucher en plusieurs points » . Dans ces conditions, un nouveau transfert apparaît nécessaire aux responsables des musées nationaux, Jacques Jaujard à Paris, Louis Hautecœur, directeur général des beaux-arts à Vichy.

POUR LIRE LA SUITE DE CETTE CONTRIBUTION, vous pouvez commander ce numéro ou vous abonnez à la revue dans la rubrique kiosque



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Pierre Lefranc avait ses attaches en Corrèze
Pierre Lefranc est mort. L’un des barons du gaullisme s’est éteint le 7 janvier 2012. L’occasion pour Arkheia d’exhumer de ses archives l’entretien qu’il nous avait accordé dans notre numéro 7-8-9 dédié au gaullisme et à l’antigaullisme dans le Sud-Ouest. (n°7-8-9). Notre correspondant en Corrèze Gilbert Beaubatie nous rappelle également que l’ancien résistant gaulliste avait ses attaches dans le Sud-Ouest, plus particiulièrement à Brive.
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia