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La laïcité face à l’Islam

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : est historien, directeur de la revue Arkheia et journaliste à La Dépêche du Midi.

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La laïcité française face à l’Islam… Voilà une question qui a fait et continue à faire couler beaucoup d’encre. Un citoyen de l’Union européenne qui aurait à se pencher sur cet épineux dossier aurait, sans doute, quelques légitimes difficultés à trancher, tant le principe de la laïcité à la française est spécifique sur le territoire communautaire.

Car mise à part le Portugal dont l’Etat se dit laïque depuis 1976 après la fin de la dictature de Salazar (dans les faits, le pays est soumis à un Concordat avec le Saint-Siège qui donne à la religion Catholique un statut spécial), la France demeure le seul pays d’Europe véritablement laï-que. Il convient donc avant d’entrer dans le vif du sujet de définir cette laïcité à la française.

La Laïcité française concrètement, c’est quoi ?

La laïcité en France est un principe énoncé dans l’article I de la Constitution de 1958 qui dit notamment : « La France est une République laïque » et dans la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État qui confirme dans son article I que « l’État garantit l’exercice des cultes. » Ainsi la République française énonce comme une loi et un principe fondamental la distinction entre le pouvoir politique et les organisations religieuses — l’État devant rester neutre — et garantit la liberté de culte ; il affirme parallèlement la liberté de conscience et ne place aucune opinion au-dessus des autres - les religions, l’athéisme, l’agnosticisme ou la libre-pensée étant égaux entre eux. Ainsi, le principe de laïcité français construit-il l’égalité républicaine.

Pour résumer, la laïcité française repose donc sur un premier pilier, celui de la séparation du pouvoir temporel (le politique, ce que les Romains avaient défini comme la « Respublica », la chose publique, le domaine commun) et de l’autre le pouvoir spirituel qui demeure donc de l’ordre du privé, voire de l’intime de chaque citoyen. Second pilier : Chaque citoyen a la liberté de croire ou de ne pas croire – c’est la liberté de conscience qui englobe la liberté de religion. Cette liberté introduit également la notion de « libre arbitre », c’est à dire la liberté de chacun de se déterminer et de penser libre-ment en opposition aux concepts de déterminisme ou au de fatalisme inspirés par les reli-gions ou certaines croyances.

On comprend, dès lors, ce qu’a de révolutionnaire le principale de laïcité français. Il ne s’agit pas simplement d’une nation qui se soustrait à la tutelle cléricale mais bel et bien de valeurs universelles, d’un modèle autorisant de vivre ensemble sur un même territoire, quelle que soit la confession, la croyance, l’appartenance à une communauté. Ainsi, la laïcité assure l’égalité de tous devant les lois de la République qu’elle que soit son (...)


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