Arkheia, revue d'histoire

La laïcité face à l’Islam

Par Max Lagarrigue
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : est historien, directeur de la revue Arkheia et journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) appartenance régionale, politique ou religieuse. C’est ce en quoi la laïcité française est unique puisqu’elle permet d’unir des gens de croyances différentes et de rendre responsables tous les citoyen les uns des autres suivant les principes de fraternité et de solidarité.

Naissance de laïcité à la française

Depuis 1789, et surtout durant la IIIe République avec la loi de 1905, la sécularisation de la société, basée donc sur le principe d’universalisme républicain1, s’est imposée et est devenue le principe du vivre ensemble. Dès la Révolution française proclamée, ces leaders inventent une nouvelle société où la religion ne dépend plus du roi qui détient son pouvoir directement de dieu, « le droit di-vin ». Si, le clergé est sécularisé (constitution civile du clergé, 12 juillet 1790), les biens de l’Eglise confisquée au profit de l’Etat et les religieux forcés de quittés les couvents, l’Etat républicain n’efface pas pour autant de la carte la religion, il tente de constituer une église nationale (culte de l’Être Suprême qui disparaît avec la mort de Robespierre, la République proclame la séparation complète de l’Eglise et de l’Etat en 1795). Les prêtres doivent prêter serments à la Constitution civile, les registres de l’état civil sont retirés au clergé et confiés aux mairies (20 septembre 1792) - ce qui permet au Juifs et aux protestants de devenir citoyens à part entière. Le divorce est autorisé. La laïcisation s’étend au mariage, au calendrier, à l’assistance publique et à l’éducation.

C’est d’ailleurs dans ce domaine que les révolutionnaires français à l’instar du mathématicien Condorcet et plus tard des Pères fondateurs de l’identité républicaine, Jules Ferry en tête, ont axé l’effort de la politique républicaine. En effet, les lois dites Jules Ferry entre 1881 et 1882 instaurent l’enseignement public (donc gratuit), laïque et obligatoire.2 Les lois Ferry en alphabétisant la presque totalité des jeunes français, permettent ainsi d’uniformiser le pays tout comme la conscription militaire obligatoire. L’école laïque permet ainsi que tous les citoyens de l’Hexagone apprennent le français. Jusqu’ici le français était la langue de l’administration et de la diplomatie. Dans son rapport de juin 1794 l’abbé Grégoire révélait le paradoxe linguistique français alors que du Canada au Mississipi on parlait français, seulement 15 départements (sur 83) parlent la langue nationale du pays. 70 ans plus tard (en 1863) l’enquête lancée par le ministre de l’instruction publique de Napoléon III (1863-1869), Victor Duruy confirmait que le quart de la population ne parlait tou-jours pas le français.

Les opposants français à la laïcité française

Il va sans dire que ces changements profonds de la société française ne se sont pas faits sans heurts. Dès après la Révolution (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
L’historien Philippe Marcy revient sur une histoire qui a marqué les mémoires, la grève des mineurs de Decazeville en 1961-1962. Le bassin Houiller aveyronnais a 35 000 habitants environ. La mine employait 5 200 salariés en 1945, elle en compte 2 000 en 1962.
1940, le Sud-Ouest dans la tourmente
René Bousquet, ses responsabilités à (...) Remarqué pour sa témérité lors des inondations de 1930, René Bousquet (1909-1993) parvient, grâce à ses amitiés et à une ascension rapide, au ministère de l’Intérieur. Nommé par Pierre Laval secrétaire (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia