Arkheia, revue d'histoire

La laïcité face à l’Islam

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : est historien, directeur de la revue Arkheia et journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) française, la sécularisation de gré ou de force du pays, la conscription militaire, l’exécution de Louis XVI, la persécution des prêtes réfractaires ont provoqué des soulèvements populaires dans les régions. Principalement dans l’Ouest de la France et sur les contreforts du Massif central, en Aveyron et Lozère où la pratique religieuse et le pouvoir de la noblesse étaient les plus forts. Cet épisode qui conduira à une véritable guerre civile, entre partisans de la Révolution française et royalistes, est connue sous le nom de soulèvement des Chouans.3 Il conduira de part et d’autres à des massacres, des exactions. Les chouanneries se terminent finalement en 1804 après l’exécution par Napoléon du leader Chouan Georges Cadoudal.

Après l’Empire, la Restauration et le Second Empire qui ont annihilé une partie de l’héritage révolutionnaire de 1789, c’est sous la IIIe République que la guerre entre les deux France bat son plein, d’un côté les partisans d’une France monarchique, catholique et conservatrice de l’autre les tenants d’une France laïque, républicaine et ancrée vers la gauche. La naissance de la IIIe République provoque l’émergence de courants anti-républicains avec l’Action française de Charles Maurras courants qui seront à la pointe du combat anti-Dreyfusard. Face à eux se dressent les « hussards noirs de la République », ce sont les instituteurs de l’école laïque qui suivent à la lettre les directives des gouverne-ments radical-socialiste de l’époque (Ferry, Grévy, Combes). On assiste donc durant des décennies à des conflits entre militants laïques et fidèles catholiques. Ainsi, on comprend bien que la laïcité française et la République se sont finalement construites contre l’Eglise catholique.

Des exceptions à la laïcité

Dans ce pays ultra-laïque, reste qu’il existe aujourd’hui encore des exceptions à la règle. En effet lorsqu’en 1905 la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat est adoptée, le pays est privé d’une territoire perdu lors de la guerre de 1870 avec la Prusse : l’Alsace-Moselle. En 1918, la victoire française contre l’Allemagne permet la réintégration de ces régions à la France. Néanmoins, les élus d’Alsace-Moselle n’entendaient pas que la réintégration à la France rime avec la perte de leur avantage. A savoir : sécurité sociale, des jours féries supplémentaires (Vendredi saint, Saint-Etienne et le lendemain de Noël) et la rémunération des cultes par l’Etat. Dans les collectivités d’outre-mer, deux territoires font aussi exception. L’île de Mayotte dans l’océan Indien qui deviendra, en 2011 le 101e département français, l’exception à la laïcité est forte puisque les Mahorais ont le choix entre le statut de droit commun identique à celui de la métropole et un statut personnel dérogatoire au code civil et donc à la laïcité. Il est réservé aux (...)



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