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La laïcité face à l’Islam

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : est historien, directeur de la revue Arkheia et journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) rendre hommage aux 100 000 morts musulmans qui ont combattu dans les tranchées de la Grande Guerre que le gouvernement français décide et finance (loi du 19 août 1920) la construction de la Grande Mosquée de Paris, première mosquée construite sur le territoire. Elle est inaugurée en 1926 par le président de la République Gaston Doumergue et le Sultan du Maroc Moulay Youssef. La Grande Mosquée de Paris est le symbole de l’amitié franco-musulmane. On comprendra dès lors que le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur ait été choisi, en 2004 comme le président du CFCM (conseil du culte musulman) censé représenter et diriger les musul-mans de France.

C’est, enfin, après la Seconde Guerre mondiale que la population musulmane s’accroît en France. Le pays ravagé par l’Occupation et la guerre a besoin de bras. Ils seront rejoints en 1962 après la guerre d’Algérie, par 91000 musulmans pro-français, les harkis. Cette immigration presque essentiellement masculine est complétée à la fin des années 60 et 70 par celle des femmes et enfants dans le cadre du regroupement familial.

L’islam aujourd’hui

La France compterait puisqu’il n’existe aucune statistique officielle, 5 millions de musulmans, ce qui en fait la deuxième religion du pays, derrière les chrétiens de confession catholique. Les pratiquants ne seraient qu’une minorité, 10 % tout au plus. Sur les 1685 mosquées ou salles de prière que compte le pays, seulement une minorité, 13 %, serait aux mains des fondamentalistes, regroupés principalement dans l’UOIF (l’union des organisation islamique de France), une organisation réputée proche des Frères musulmans.

Ce constat fait : comment la présence de ces millions de citoyens français de confession musulmane est devenue une affaire d’Etat, voire une question remettant en cause l’identité nationale de la France ? Pour un certain nombre de sociologues, la donne a changé à partir du moment où les immigrés économiques ont fait valoir leur droit au regroupement familial dans les années 70. L’arrivée des familles change tout. En effet avec l’arrivée de la famille, la religion devient partie intégrante de la vie de tous les jours. Les parents doivent transmettre la foi. Le réta-blissement de la cellule familiale a mis en marche le mouvement de construction de mosquées avec pour conséquence une visibilité nouvelle de l’islam. Dans le même temps les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ouvrent une période d’agitation politique et sociale avec notamment la hausse du chômage.

Premières victimes : les familles d’immigrés, en majorité des ouvriers. Les pères frappés par le chômage restent à la maison, mais faute de maîtriser le français, la plupart ne peuvent aider leurs enfants à l’école. Des enfants nés en France et parlant français, qui découvrent au quotidien la réalité de leur situation : déconsidérés par la (...)



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