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La laïcité face à l’Islam

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : est historien, directeur de la revue Arkheia et journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) programmes qui sont remis en cause, en histoire avec la négation de la Shoah, en sciences naturelles avec le refus du Darwinisme, ou encore celui de la pratique du sport. L’obsession de la pureté pousse ici des élèves à demander un usage séparé des robinets des toilettes, l’un réservé aux musulmans, l’autre aux français.

Ces nouvelles revendications ont pris d’autant plus d’écho qu’elles sont soutenues par une partie de l’extrême gauche de la gauche républicaine française. Ainsi on peut lire dans la charte de l’organisation : Islam et Laïcité , lancée par la très laïque Ligue de l’Enseignement, puis reprise par la ligue des Droits de l’homme et Le Monde diplomatique « L’Islam, devenu aujourd’hui la seconde religion en France, doit s’inscrire dans la République mais la République doit aussi prendre en compte les demandes spécifiques et légitimes des groupes et des individus se réclamant de l’Islam. » C’est une conception qui nie la laïcité, identifiée dès lors comme quelque chose de négatif, puisqu’elle implique que la République reconnaisse les cultes et les considère comme des éléments de la délibération citoyenne.

Chantre de ce courant favorable aux communautarisme religieux, le prédicateur genevois Tariq Ramdan a fait sienne cette idée d’une « laïcité dite positive ou plurielle » qui sera largement relayée par le président de la République Nicolas Sarkozy lors de son discours à Saint-Jean-de-Latran, en décembre 2007. Développant un argumentaire très au point sur la victimisation dont seraient victimes les musulmans de France (« la fracture coloniale »), l’homme est très écouté dans les banlieues française. Un discours victimaire qui fait des jeunes des banlieues des : colonisés en métropole, et le refus de la République d’accepter les revendications identitaires religieuses au nom de la laïcité : un nouveau racisme baptisé : islamophobie. Un néologisme qui comme le souligne la politologue Caroline Fourest : « (Le mot “islamophobie”) a été pensé par les islamistes pour piéger le débat et détourner l’antiracisme au profit de leur lutte contre le blasphème. » Un terme qui condamnerait comme raciste toutes personnes critiquant l’islam. Elle n’est pas sans rap-peler l’anathème lancé par les communistes qui qualifiaient toute personne critique envers le système soviétique, de : fasciste. On peut légitimement se demander si l’écrivain Sal-man Rushdie sortait aujourd’hui ses Versets sataniques, il ne serait pas qualifié de raciste islamophobe alors qu’hier ses écrits étaient défendus au nom de la liberté de conscience et d’expression par toutes les démocraties. Plus récemment, la polémique lancée du Danemark autour des caricatures de Mohammed est aussi un exemple de la difficulté de critiquer l’Islam comme n’importe qu’elle autre religion.

Mais (...)



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