Arkheia, revue d'histoire

La légende du bromure durant la Drôle de guerre

Par Bernard H. Lefèvre
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : Mémorialiste, auteur de Noir Périgord, Société des Écrivains, Paris, 2001. Cf. Jacky Tronel, « Polémique autour de Noir Périgord », Arkheia , revue d’histoire, n°7-8-9, 2002.
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(...) qui fit brutalement un enfer du pays de Voltaire et de Victor Hugo, dans des circonstances que l’on a peine aujourd’hui à imaginer.

Le point de vue médical sur les bromures

La pharmacopée depuis le 19e siècle comportait bien des médicaments dans la fabrication desquels entraient des bromures de potassium de sodium (NaBr), de strontium (SaBr2), d’ammonium (Nh4Br) et de calcium prescrits essentiellement comme sédatifs, anxiolytiques, anticonvulsifs, associés à d’autres produits selon les cas. Ces spécialités ont pratiquement disparu en raison de la mise sur le marché de molécules plus performantes et plus neutres : le bromure pouvant, par accumulation, conduire à un type d’intoxication nommée bromisme.

Au Vidal 2004 (référence en matière de médicaments), seul subsiste le sédatif Tiber, commercialisé depuis 1948 et utilisé dans les « troubles légers du sommeil, irritabilité, nervosité ». Le bromo-galacto-gluconate de calcium (C24 H42 O24 Ca2 Br 2 6H2 O) était encore, il y a peu, vendu en pharmacie pour lutter contre les états de nervosité, insomnie, agitation, sous le nom de calcibronat. La seule indication révélatrice d’effets anaphrodisiaques de ce produit a pu être trouvée dans la revue médicale L’Officine (1995), qui précise sous la rubrique « Potassium Bromure KB : Sédatif ».

- Propriétés-Indications : … il a été employé, souvent avec succès, contre les érections nocturnes des blennorragiques, le vaginisme, la spermatorrhée et certaines formes de migraines.
- Posologie : 1 gramme pour 1 dose, 3 grammes par 24 heures.

On voit bien qu’en tout état de cause, la quantité nécessaire à fournir aux services de l’intendance, qui distribuait 50 centilitres de vin par jour à chaque soldat, aurait été telle que la production nationale n’aurait pu faire face à une demande correspondant aux centaines de milliers d’hommes mobilisés. 

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Réagir à cet article 1 Message
  • La légende du bromure durant la Drôle de guerre
    28 avril 2011 15:33, par Morice
    Arrivé à Hyères le palmiers le 2 novembre 1965 pour y faire mon service militaire au 405 RAA je vous assure qu’il y avait du bromure, non seulement dans les plats sortants de la cuisine mais aussi dans le vin !!! Avec les copains on se demandait ce qui nous arrivait, on avait tous un tout petit zizi !
    Répondre à ce message

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