Arkheia, revue d'histoire

La mystérieuse église inachevée de Léojac

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°4
auteur : Max Lagarrigue a enseigné l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Spécialiste du communisme rural, il a aussi publié de nombreux articles et ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale. Le dernier en date s’intitule : 99 questions...La France sous l’Occupation (CNDP, 2007).

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L’église des Farguettes, souvent qualifiée pour ses dimensions exceptionnelles de " basilique ", n’a cessé d’intriguer le passant. Entreprise d’une homme d’église qui eut la folie des grandeurs, ce bâtiment, laissé plus de 60 ans à l’abandon, est aujourd’hui remis à l’honneur. L’association " Mû-temps " avait choisi, en effet, ce lieu insolite et chargé d’histoire pour mettre en place une exposition de sculptures.

Il y a des monuments moins familiers de nos mémoires qui méritent que l’on s’y attardent. Si leur oubli fut dû quelquefois à une situation géographique défavorable certain bâtiment ont hérité d’une histoire plus obscure que la mémoire collective a souhaité effacer ou minorer. C’est le cas de l’église Sainte-Thérèse de Léojac. Combien d’automobilistes ou de cyclistes empruntant pour la première fois la route départementale 70 conduisant de Montauban à Léojac se sont arrêtées, perplexes, sur le plateau des Farguettes. De loin, on aperçoit une imposante ossature de béton. Un ambitieux bâtiment s’ouvre sous les yeux du curieux. Il est surpris, tout prêt, il comprend que ce sont les fondations d’une église dont il ne reste que la colonne vertébrale. Les conjectures vont bon train. A t-elle été victime d’un incendie ? Les plus imaginatif ne demande t-il pas si l’église n’a pas été bombardée durant la Seconde guerre mondiale ? Ses dimensions surprennent également. Les questions fusent ? Est-ce vraiment une église de campagne, elle a les proportions d’un édifice plus magistral ? Le site est complètement délaissé. Les herbes folles courent sur le parvis et une végétation luxuriante a pris possession de l’édifice jusqu’à la charpente de béton. Le même curieux se demandent dès lors pourquoi cette église a été délaissée en l’état ? Pourquoi ne l’a t-on pas reconstruite ou détruite ? Pour tenter de comprendre l’histoire de cette église, il faut remonter à 1927. Un nouveau curé vient d’y être affecté le 27 juillet. Il s’agit de l’abbé Garibaud, né le 6 octobre 1872 à Vazerac d’une famille paysanne du Tarn-et-Garonne, qui prend possession de la paroisse et de son église. Il ne s’agit pas de celle décrite plus haut. A cette époque, le curé de paroisse a entre ses mains une modeste église, dédiée à Saint-Symphorien. Cette dernière construite bien antérieurement à l’église des Farguettes a eu une histoire tumultueuse que nous ne développerons pas. Brièvement, elle fut détruite par les protestants en 1561 avant d’être restaurée au XVIIe siècle. L’abbé Garibaud, homme entreprenant et de caractère, s’est déjà fait remarqué dans la presse. Il dirige, en effet, une revue diocésaine : L’Almanach Catholique. On ne saurait être surpris que l’église qu’il lui est confiée, ne le satisfasse. Sa description dans L’Almanach est apocalyptique : " l’église paroissiale située dans un bas-fond humide et malsain, avec ses murs bas et crevassés, sans (...)


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