Arkheia, revue d'histoire

La persistance du Midi blanc de Philippe Secondy

Par Guillaume Gros
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Critiques de livres

Page suivante

Le rapprochement entre les deux espaces politiques rebelles que sont la Vendée et le Midi émerge en 1793 dans la bouche d’un représentant en mission auprès de l’armée des Alpes qui dresse le tableau d’un Midi contre - révolutionnaire. Ce parallèle s’impose ensuite, en 1799, et surtout en 1815, quand la fièvre séparatiste s’empare du Midi à l’occasion de la « Terreur blanche ». Philippe Secondy, chargé de cours à Montpellier I et III, s’est attaché à faire l’histoire de cette entité politique méconnue qu’est le « Midi blanc », au coeur du Languedoc méditerranéen de tradition républicaine, le fameux « Midi rouge ». Comme l’indique Paul Alliès dans sa préface, le choix du département comme cadre d’action et de mobilisations politiques est pertinent : « l’Hérault présente l’avantage de se trouver historiquement au centre de l’espace borné par une partie de l’Aude, les Cévennes gardoises et les confins dela Petite Camargue.

Ce centre est aussi politique : depuis Richelieu, il est le siège d’un gouvernement du Languedoc et de ses États. » À partir de ce cadre, Philippe Secondy, a suivi les transformations d’une droite traditionaliste si vivace qu’elle freine le développement de la droite « progressiste » tout en enrayant les processus d’acculturation de type libéral - républicain. Pour comprendre comment s’est forgée cette culture politique multiforme, Philippe Secondy inscrit son étude dans une perspective chronologique longue et s’intéresse à des événements fondateurs comme le serment de 1791, le ralliement de l’Église à la République, le rôle des Première et Seconde Guerres mondiales. Il accorde une attention particulière à la politique de Léon XIII et à la contre - offensive menée, à son niveau, par le très dynamique Mgr de Cabrières à la tête du diocèse de Montpellier entre 1874 et 1921. Celui que l’on considère souvent comme l’un des derniers évêques légitimistes de France lance alors un appel décisif en faveur du « rassemblement en faisceau de toutes les forces conservatrices ».

Mgr de Cabrières initiait ainsi une vaste nébuleuse partisane dont l’objectif était de proposer une culture contre - républicaine. Philippe Secondy consacre de nombreuses pages aux réseaux de sociabilités et d’influence qui permettent aux grandes familles réactionnaires de peser sur la vie politique locale. Le grand mérite de son étude réside dans son parti pris de la longue durée, notamment à travers l’examen des résurgences de cette droite traditionaliste au XXe siècle dans la partie intitulée « La tentation fasciste » sur les années 1930 et sur Vichy. Un héritage encore perceptible sous la IVe et la Ve République ( « Vers une réhabilitation de l’expérience pétainiste », sa dernière partie ). Ce livre permet ainsi de mieux comprendre l’implantation de l’extrême droite dans le Midi sur (...)


Page suivante


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
soutenez la revue Arkheia
L’association Arkheia regroupe un collectif totalement bénévoles qui oeuvre depuis maintenant 10 ans pour collecter des archives, recueillir des témoignages de témoin clé comme d’anonyme pour mettre à jour notre histoire locale, notre patrimoine commun régional. Ce n’est que par la contribution de nos lecteurs et plus particulièrement par leur abonnement que ces recherches et surtout la publication de la revue Arkheia est rendue possible. Alors offrez Arkheia à ceux que vous aimez ! Un ouvrage offert pour chaque abonnement de soutien.
Gaullisme et antigaullisme
Cahors. Fusillés : un tabou, un (...) LaDepeche.fr | Publié le 20/07/2011 08:14 La revue d’Histoire « Arkheia » propose dans son dernier numéro un passionnant dossier intitulé « Les fusillés de la Libération : un tabou cadurcien », (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia