Arkheia, revue d'histoire

La peur au ventre de Marie-Louise Menthon

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Article publié dans
Arkheia n°17-18

« Des femmes, mères ou épouses, partent aux nouvelles. Très vite, nous savons que tous les hommes de la ville ont été rassemblés à la manufacture d’armes. « Pour une vérification de papiers », disent les Allemands. « Dans un but de représailles », dit la rumeur. L’angoisse grandit car nous avons bien vu que les exécutants de la rafle n’appartiennent pas à la Wehrmacht ; leurs insignes les désignent comme des SS ! Nous apprenons qu’effectivement la division arrivée la veille au soir n’est autre qu’un élément de la SS Das Reich commandée par le général Lammerding et le commandant Kowatsch. Elle a fait ses preuves en Russie. Stationnée depuis un certain temps dans le Sud de la France, elle se dirige maintenant vers la Normandie, appelée en renfort pour repousser les forces alliées. L’itinéraire normal est Brive - Limoges. Pourquoi ce détour par Tulle ? Pour exercer des représailles contre le maquis, il n’y a pas d’autre explication. Alors, malheur aux maquisards qui n’ont pu la veille regagner leurs camps avant l’investissement de la ville par les SS ! Il est évident que ceux réunis à la MAT 1 seront fusillés : ce sont des « terroristes » ! Comme nos suppositions sont éloignées de la vérité ! À l’affût de toutes les personnes qui remontent de Souillac, nous voyons tout à coup apparaître une jeune femme mariée à un réfugié espagnol antifranquiste. Elle marche vite, sanglote, et répète inlassablement : « Ils vont les pendre, ils passent dans les maisons, les greniers, pour trouver des cordes et des échelles. Vous ne le croyez pas, vous verrez de quoi ils sont capables. Ils vont les pendre, les Espagnols d’abord ; ils vont les pendre ... » Les gens qui l’entendent sont sidérés et ne soufflent mot. Pour ma part, je m’écrie : « mais elle déraisonne, ce n’est pas possible ! », tandis que je regarde mes parents ; et je lis la réponse dans les yeux de mon père ... Tout à coup, nous apercevons un SS qui entre dans la cour : il va donc pénétrer chez nous ? Comme dans un scénario bien réglé, mon père se rend dans une chambre aux volets clos et s’étend sur un lit ... Et, le SS est là qui nous dévisage, ma mère et moi, toutes deux mortes de peur. Le soldat se dirige tout droit vers la pièce où se trouve mon père qui se redresse lentement et s’avance vers la lumière.

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