Arkheia, revue d'histoire

La politique de la France face à la République espagnole (1931-1939)

Par Jean-François Berdah
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Article publié dans
Azana 1/ Arkheia n°19 hors série
Auteur : Jean-François Berdah est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Toulouse-Le Mirail.

(...) la « polémique », mais aussi l’instrument qui lui permet de soutenir la cause alliée. De nombreuses conférences y sont organisées, à l’exemple des académiciens français, Bergson en tête, triomphalement accueillis en mai 1915 16, et c’est encore au nom de l’Ateneo qu’il part visiter le front en 1916 en compagnie d’autres intellectuels tels qu’Américo Castro, Miguel de Unamuno, Salvador de Madariaga et Luis Araquistain. Tout comme l’écrivain Armando Palacio Valdés Ramón Pérez de Ayala ou Luis Araquistain, alors correspondants des quotidiens El Imparcial, La Semana et El Liberal, Azaña dénonce la barbarie allemande et appelle à l’abandon de la neutralité. Ainsi Araquistain écrit-il alors : « Face au dilemme germanophile de neutralité absolue, à toute force et quel qu’ en soit le prix, ou intervention armée sur le champs de bataille, l’Espagne a eu le choix entre de nombreuses alternatives. Sans aller à la guerre, elle aurait pu opter pour une neutralité ouvertement favorable aux alliés. Compte tenu des relations internationales avec ces pays, c’ est le moins que l’ on pût faire, parce que, si maintenant notre amitié ne favorise pas plus l’Angleterre et la France que l’Allemagne, quel intérêt peuvent avoir nos voisins à la conserver en temps de paix ? Sans aller à la guerre, l’Espagne aurait pu défendre ses droits et ses intérêts de pays neutre par le moyen de représailles [ … ] Sans aller à la guerre, l’Espagne aurait pu opter pour une neutralité armée, dotant ses navires marchands de canons, de façon à pouvoir se défendre [ … ] Sans aller à la guerre, l’Espagne aurait pu rompre ses relations diplomatiques avec le pays qui nous traite en belligérants. […] Sans aller à la guerre, on aurait pu, y compris, être en état de guerre. [ … ] Face au faux dilemme de la neutralité absolue ou de l’intervention sanglante, toutes ces autres alternatives se sont offertes et s’ offrent à l’Espagne… ». De même, Manuel Azaña continue à publier des articles politiques et à prononcer des conférences en faveur des Alliés. De retour du front de Champagne, il s’adresse au public de l’Ateneo, le 25 janvier 1917, pour y lire un texte plein d’émotion qui résume ses Impressions d’un voyage en France et accompagne la présentation de photographies qui traduisent le martyre de Reims et de Verdun, mais aussi le courage et la détermination du peuple français. Il tire de cette expérience une leçon morale, celle de « l’héroïsme tenace, méthodique, froidement mis en marche », il souligne par là-même « les qualités morales, les facultés de l’esprit, les dons de la pensée » indispensables au succès, autant de qualités qu’il retrouve dans le peuple français. Quelques mois plus tard, il récidive dans un discours énergique dans lequel il dénonce la germanophilie comme une erreur historique. Qu’aurait à gagner l’Espagne, en (...)


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