Arkheia, revue d'histoire

La politique européenne dans le Tarn-et-Garonne

Par Robert Cocchio
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Article publié dans
Arkheia n°1
Auteur : Robert Cocchio est titulaire d’une maîtrise de géographie sur L’Eurorégion. Doctorant à l’Ecole supérieure d’Audiovisuel (ESAV) à l’université de Toulouse Le-Mirail.

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Nous vivons aujourd’hui à l’heure de la mondialisation économique et des interdépendances entre les Etats. Plus que jamais, la planète est intimement inter-reliée entre ses diverses composantes, toutes soumises aux exigences du libéralisme et à l’ouverture des frontières étatiques. La création de la Communauté Economique Européenne [1] a justement pour but la constitution d’un grand espace de développement économique et politique capable de faire face aux impératifs économiques mondiaux.

En corollaire, les quinze Etats-nations qui composent la CEE délèguent une partie de leurs pouvoirs à des instances politiques et institutionnelles supranationales. C’est pour cela que la CEE est avant tout une communauté d’Etats, et de peuples. Elle ne reconnaît comme interlocuteur que les Etats et les parlements restent élus par pays. Cette présente situation montre bien que le pouvoir des régions au sein de la CEE -et a fortiori des départements- demeure parfois plus que modeste, en comparaison aux Etats qui traitent directement avec Bruxelles ou Strasbourg.

Pourtant et en ce qui concerne les régions, une avancée significative eut lieu grâce à l’adoption d’un texte constitutif de la Communauté Européenne (CE) : le traité de Maastricht.2 En effet, ce traité reconnaît dorénavant les régions comme des entités possédant un pouvoir politique et un rôle dans les discussions sur l’avenir de l’Union Européenne. Mais ce n’est, semble t-il, guère le cas pour les départements.

Or, les départements français sont des entités territoriales anciennes puisqu’elles furent adoptées par l’Assemblée constituante le 26 février 1790, alors que les régions ont accédé au statut de collectivité territoriale -certes dotées de pouvoirs plus étendus- par les lois du 2 mars 1982 3 et 7 janvier 1983.

Doit-on croire au caractère obsolète des départements français dans une Europe jeune d’une quarantaine d’années ? Sont-elles jugées insignifiantes pour que, à Bruxelles, on n’y tienne guère compte ?

Crée seulement en 1808, sur décision de Napoléon Ier, pour donner à Montauban -capitale déchue de la Haute-Guyenne- le rang de préfecture, le Tarn-et-Garonne comprend 3718 Km² pour une population de 205.800 habitants. Le département vit essentiellement de ressources agricoles. La polyculture et l’élevage y jouent un rôle prépondérant tandis que le secteur industriel progresse sans toutefois être majeur. Outre l’agro-alimentaire (conserves de fruits), les principales branches sont la confection, les constructions mécaniques, la chimie et le verre. Brosser un tableau des principales activités du département serait certes intéressant. Cependant dès le début de cet article, nous avons souligné le faible rôle que joue un département au sein de la CEE. Se pose alors la question : quelles relations peut-il y avoir entre un département français aux dimensions, à (...)


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