Arkheia, revue d'histoire

La population de Tarn-et-Garonne des XIXe et XXe sicècles

Par Patrice Garesio
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Article publié dans
Arkheia n°1
Auteur : Patrice Garesio est titulaire d’une maîtrise d’histoire sur le syndicalisme en Tarn-et-Garonne.

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Le dernier recensement, en mars 1999, nous apprend que la population du Tarn-et-Garonne continue sa progression avec près de 205.800 habitants. Certes, elle n’approche pas le maximum historique des années 1830 à 1850, mais cela poursuit la longue reprise entamée après la première guerre mondiale.

Depuis le début du XIXe siècle, la démographie du département est très mouvementée. Un exode rural important doublé d’un malthusianisme profond provoque une chute conséquente de la population locale à partir de 1846. Néanmoins, de 1921 à 1946, une phase d’immigration exceptionnelle enraye le processus de dépeuplement. Après guerre, le Baby-boom, puis l’attrait nouveau pour la région participent au relèvement de la population.

Au moment de sa création en 1808, le Tarn-et-Garonne comptait environ 230.000 habitants, situation honorable compte tenu de sa taille réduite [1]. Montauban, ancienne capitale de la généralité du Quercy, ne dépare pas dans la région avec ses 28.000 habitants, en particulier en rapport aux 50.000 habitants alors regroupés à Toulouse. A cette époque, la répartition démographique est bien plus homogène qu’aujourd’hui.

En ce début du XIXe siècle, la population locale poursuit son évolution pour atteindre en 1831 son maximum historique avec 24.2701 âmes. Toutefois, la transition démographique est ici précoce, et le taux de natalité enregistre le début d’une longue phase de baisse dès 1811.

Alors que la France, dans son ensemble, atteint le summum de sa population rurale vers 1850, le Tarn-et-Garonne, avec les départements voisins du Gers et du Lot-et-Garonne, connaissent un déclin démographique prématuré. En effet, de 1826 à 1846, la population stagne. Les campagnes pleines entament une émigration vers les villes que les quelques cités du département ne peuvent accueillir. Un mouvement de baisse de la population est même perceptible dans certains cantons ruraux. De plus, la mortalité s’envole dans les années 1830 à la suite d’une épidémie de choléra qui touche une grande partie du pays [2].

Après 1846, qui constitue le second pic avec 242.500 habitants, la population locale enregistre une chute vertigineuse. Ce pic apparaît “ comme le dernier sursaut d’une population qui plafonnait depuis trop longtemps pour ne pas s’effondrer.” [3]

La baisse est d’abord modérée, jusqu’en 1886 avec une perte de 12% des habitants [4]. Mais elle s’accélère ensuite dans une chute qui paraît sans fin. Au tournant de notre siècle, la population passe sous la barre des 200.000 habitants. En 1911, le Tarn-et-Garonne ne compte plus que 185.500 habitants, et en 1921, moins de 160.000 occupants. Cette dépression est impressionnante, depuis 1846, le département a perdu près d’un habitant sur trois. Toutefois, le recensement de 1921 marque la fin de cette longue dépopulation.

Les causes sont multiples. Tout d’abord, la (...)


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