Arkheia, revue d'histoire

La prison de Castres de 1941 à l’évasion de 1943

Par Johnny Granzow
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Article publié dans
Arkheia n°4
Auteur : Johnny Granzow, journaliste indépendant à Berlin et neveu de Kurt Granzow.

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La prison secrète et ses détenus La prison de Castres a compté entre 50 et 70 détenus, dont ceux transférés du camp du Vernet, presque tous anciens combattants des Brigades Internationales en Espagne (BI), quelques officiers gaullistes, des officiers belges et polonais de services de renseignement alliés, des aviateurs et parachutistes anglais et américains abattus au-dessus de la France et deux femmes françaises soupçonnées d’être des agents secrets des Alliés. La prison tient en isolement total des prisonniers politiques non-condamnés, pour lesquels nul procès n’est prévu et dont la plupart devaient être livrés aux gouvernements fascistes ( allemand et italien notamment ). Les prisonniers venus du Vernet continuent à indiquer ce camp comme lieu de détention avec la mention “ baraque 21 “. Tout leur courrier passe effectivement par le camp. Ils sont strictement tenus à l´écart des prisonniers français et de ceux dits “ alliés “ et vice-versa. La prison aurait pourtant dépendu du camp de Saint-Sulpice.

Les détenus

Une des sources à notre disposition précise que de fin 1941 à automne 1942, environ 25 détenus qualifiés de “ meneurs communistes “ sont transférés du camp du Vernet à Castres. Mais il n’y eut pas seulement eux. Une autre source indique pour novembre 1942 la présence de quelque 40 BI à Castres - et ce alors que déjà un certain nombre de ceux transférés précédemment sont livrés aux fascistes à partir du mois d’août 1942. Ces transferts répondent manifestement aux demandes d’extraditions allemandes. Les indications à notre disposition donnent le tableau suivant - certes incomplet - de ces transports de détenus vers Castres, et c’est seulement pour une partie d’entre eux que nous savons qu’ils ont fait partie des Brigades Internationales. 3 octobre 1941 : Les Allemands Hugo Salzmann, émigré politique, Ferdinand Weingartz, BI, Wilhelm Hoffmann, émigré juif, le Dr Philipp Auerbach, Richard Kirn, Ernst Wohlers 18 novembre 1941 : l’Italien Luigi Longo, les Allemands Franz Dahlem, Siegfried Rädel, Heinrich Rau-tous BI 18 décembre 1941 : les Allemands Rudolf Stender et Rudolf Leonhard A la même époque : l’Allemand Stefan Walke Début 1942 : l’Italien Farini Mai 1942 : entre autres les Yougoslaves Vljako Begovic, Ljubo Ilic et Guido Nonveiller - tous B. 12 novembre 1942 : les Allemands Franz Raab, Heinz Renner, Ernst Buschmann, Heinz Priess, Hans Weyers - tous BI (transfèrement total, ce jour-là, de 16 détenus, dont des Yougoslaves). D’autres détenus sont transférés avec eux ou peu après eux : le Dr Edel, le Dr Goldberger, Margulies, Franz Storkan - tous Autrichiens ; les Italiens Eugenio Reale et Alessandro Vaia ; le roumain Leon Herscowizi et l’Espagnol Caamano. L’Allemand Josef (Sepp) Wagner est également détenu à Castres, mais il n’a pas été au Vernet auparavant. Jusqu’à son extradition, il partagea la (...)


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