La prison de Castres, pourtant censée être secrète, acquit une certaine notoriété publique dans les pays des Alliés. Grâce à leurs contacts avec des gardiens du Vernet ayant transféré des prisonniers à Castres, les détenus restés au camp du Vernet savent où sont conduits leurs camarades. Par leurs contacts clandestins, ils alertent l’extérieur de la lourde menace qui pèse sur les antifascistes incarcérés à Castres - à savoir d’être livré à l’occupant hitlérien, ce qui signifie notamment pour tous les antifascistes allemands la Gestapo et l’incarcération et équivaut pour certains d’entre eux à une condamnation à mort. Aussi Erich Jungmann, ancien combattant des Brigades Internationales - libéré du Vernet grâce à l’intervention des Etats-Unis et arrivé en mars 1942 au Mexique -, adresse-t-il une lettre de remerciements à Mme la présidente Eleanor Roosevelt, tout en lui demandant d’intervenir en faveur des députés communistes allemands (privés de leur mandat par le régime hitlérien) Franz Dahlem, Siegfried Rädel, Heinrich Rau ainsi que de l’écrivain Rudolf Leonhard, ceux-ci étant menacés d’extradition aux Hitlériens à partir de la prison de Castres. En Grande-Bretagne, lors d’une campagne organisée par l’International Brigade Association (IBA), 350 personnalités, dont 98 députés et 40 membres de la Chambre des Lords, signèrent au printemps 1942 une pétition en faveur de la libération de Franz Dahlem, Luigi Longo - chef d’Etat-major des Brigades Internationales en Espagne - et des autres antifascistes détenus à Castres. Cette pétition est envoyée au président Roosevelt et au Pape. On apprend par la suite que le représentant des Etats-Unis en France reçoit l’instruction de faire savoir aux autorités de Vichy le malaise provoqué aux Etats-Unis par l’extradition prévue des détenus de Castres. A partir de la Suède, c’est le célèbre avocat Georg Branting, mandaté par la fille de Franz Dahlem, qui s’efforce d’obtenir le soutien des Quakers en poste à Marseille et qui demande à des émigrés allemands en vue ayant pu rejoindre le Mexique et les Etats-Unis d’agir pour que les gouvernements de ces pays interviennent à Vichy en faveur de Franz Dahlem. Ce dernier a déjà obtenu un visa d’entrée au Mexique en janvier 1941, alors q’il se trouve encore au camp du Vernet. Toutefois, le ministre de l’intérieur de Vichy n’a pas donné son accord au départ de Dahlem en émigration parce qu’il est “ ex-député “ au Reichstag allemand. Parallèlement, une aide matérielle, vitale pour la survie des détenus, est fournie à partir du Portugal, de la Suède, des Etats-Unis et de la Suisse. L’aide américaine passe notamment par l’antenne marseillaise de l’Unitarian Service Committee (USC), et son directeur Noel Field s’engagea beaucoup en faveur des détenus et du camp du Vernet et de (...)
Avec la participation de Patrick Cabanel, Antonio Ferrer Benimelli, Hilari Raguer, Joseph Pérez, Gérard Malgat et Elvire Diaz...Commander le dès aujourd’hui