Les historiens sont divisés sur la responsabilité de la rupture. Pour les uns, l’Église reconnut le nouveau régime, mais dès le début celui-ci la persécuta avec des lois sectaires et nullement démocratiques ; pour les autres, au contraire, la République s’était bornée à établir la laïcité, la séparation de l’Église et de l’État et la liberté religieuse, et ce fut l’Église qui dès le premier instant récusa la République et conspira contre elle. Peu nombreux sont ceux qui estiment que la responsabilité est partagée de part et d’autre et réévaluent les rares hommes politiques et ecclésiastiques qui s’efforcèrent de rechercher la conciliation, mais subirent un échec retentissant. Anticipant sur ma conclusion, je dirai que je souscris pour ma part à cette troisième opinion. Le présent exposé se propose de tenter de la justifier. Mais je dois faire une observation préalable avant d’aborder le sujet. La polarisation des attitudes dans l’Espagne des années de la République est à replacer dans la crise de la démocratie européenne entre la première et la seconde guerre mondiale. Durant tout le XIXe siècle on avait pensé que la démocratie parlementaire s’imposait de façon naturelle dans tous les pays modernes, et qu’elle constituait un point d’équilibre qui se soutenait de lui-même, illusion parallèle à la croyance en l’équilibre spontané de l’économie de marché, croyance que la crise de 1929 devait démentir brutalement. Au cours des années 20 et 30 on découvre que la démocratie parlementaire ne se soutient pas d’elle-même, mais qu’elle exige qu’une large majorité de citoyens acceptent fermement certaines valeurs : liberté, légalité, tolérance, respect des minorités, etc. À défaut de ces convictions, deux idéologies opposées conquièrent les masses y prennent en étau la démocratie : le communisme y les fascismes.
Le Real Patronato, c’est-à-dire le droit de nomination des évêques reconnu au roi par la papauté, avait de sérieux inconvénients, mais il avait eu au moins l’avantage d’avoir désigné des prélats certainement monarchistes, mais loyaux à des souverains constitutionnels, Isabelle II, Alphonse XII, Alphonse XII 2. Si quelques-uns étaient intégristes de formation et de coeur, ils devaient le dissimuler. En (...)

Les enfants juifs cachées dans les fermes des paysans du Sud-Ouest ont été pour beaucoup séparés définitivement de leur famille. Insérés dans un milieu et une société française qu’ils ne connaissent pas. Ceux que l’on appelera bien plus tard les "Justes". Dans le même temps, d’autres enfants vont devoir affronter dès l’Epuration, l’opprobre de la population. Qualifié d’enfants de "boches", ce sont autant d’enfance brisée...