Arkheia, revue d'histoire

Larrazet, durant la Grande Guerre

Par Sylvie Guiraud
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Sylvie Giraud est titulaire d’une maîtrise sur Larrazet durant la Grande Guerre. Elle est responsable des archives municipales de Castelsarrasin.

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Le 11 novembre 1918, l’armistice franco-allemand signé à Rothondes met fin à un conflit commencé quatre ans plus tôt. Ce conflit nommé plus tard la “ Grande Guerre “, parce qu’il a touché toutes les familles, mobilisa 8,5 millions de Français et prit la vie à 1,3 millions d’entre eux. Les journaux de poilus dont un grand nombre a aujourd’hui été publié sont là pour témoigner des horreurs qu’ont pu vivre les soldats durant ce conflit.

Cette guerre fut traumatisante tant psychologiquement (vision permanente de la mort) que physiquement (par les conditions extrêmement difficiles de la vie quotidienne) pour ceux qui l’ont vécue. A un autre degré, cette guerre fut traumatisante psychologiquement pour les familles dont l’angoisse et le chagrin étaient quotidiens, tandis que les conséquences matérielles de cette guerre devenaient difficilement supportables. Les témoignages de la vie à l’arrière sont aujourd’hui rares bien qu’il aurait pu en être autrement. En effet le 18 septembre 1914, Albert Sarraut, ministre de l’Instruction Publique demandait aux instituteurs non mobilisés de noter tous les événements qui surviendraient dans leur commune. Quelques jours après réception du communiqué, le maire de Larrazet répond au Préfet : “ Ici c’est déjà fait et nous continuerons “ [1]. Mais il semble que Larrazet soit l’un des rares villages de France à avoir pris une telle initiative, précédant l’ordre du ministre d’un mois et demi. Peu de notes d’instituteurs ont été mises à jour, aucune démarche officielle pour les rassembler après la guerre n’ayant été accomplie. De plus il semble que peu d’instituteurs aient attribuer un grand intérêt à cette mission. Ces notes d’instituteurs, la presse (bien que censurée ou inspirée) et les lettres envoyées au front sont les seules traces aujourd’hui qu’il nous reste sur la vie à l’arrière durant la Grande Guerre. A l’initiative de cette chronique locale, se trouvent quatre notables de Larrazet : l’instituteur (Auguste Durand) ; le maire-notaire (Jean Carné), le curé (Joseph Dumas) et un tailleur d’habits (Jean Pierre Pujos). S’est joint à eux Anselme Coureau (clerc de notaire et secrétaire de mairie) appelé en renfort le 11 avril 1916 alors que l’instituteur, gravement malade prend congé quelques semaines du “ Comité du Journal de Guerre “ (appellation qu’ils se sont attribuée au bout de quelques semaines ; le président étant le maire). Ce cinquième rédacteur quitte le comité le 16 mai 1917 jour de sa mobilisation.

Ainsi du 26 juillet 1914 (la mobilisation générale fut décrétée le 1er août) au 30 juillet 1919 ces quatre notables se réunissent dans la salle de la mairie tous les soirs après le repas et le dimanche après les vêpres. Tout d’abord écrits sur des brouillons, les événements qui bousculent cette communauté rurale sont ensuite transcrits (...)


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