Arkheia, revue d'histoire

Larrazet, durant la Grande Guerre

Par Sylvie Guiraud
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Sylvie Giraud est titulaire d’une maîtrise sur Larrazet durant la Grande Guerre. Elle est responsable des archives municipales de Castelsarrasin.
Page précédente


(...) d’intérêt. Pour le premier emprunt en 1915, les Larrazettois n’hésitent pas à sacrifier leurs économies (45.580 frs). Cette préférence ne s’explique pas forcément par un désir, tout en accomplissant une œuvre patriotique, de faire une bonne affaire. D’une part, les œuvres de secours aux blessés, réfugiés, prisonniers, orphelins, nécessitent moins d’argent que l’Armée. D’autre part prêter son argent à l’Etat donne l’illusion de contribuer à la victoire. Alors que les placements servent l’avenir, les dons sont utilisés pour réparer les dégâts causés par le conflit. Tant que l’illusion d’une victoire proche est entretenue par la presse et les communiqués officiels, la participation au financement de la guerre est important. Nombreux sont les souscripteurs qui ont versé leur or “ témoignant une inébranlable confiance dans l’issue de cet horrible duel “ (6 ;74). Ce sacrifice témoigne de la cause défendue : la poursuite du conflit jusqu’à la victoire. Mais les désillusions de l’année 1916 ont fait souffrir trop de gens et “ l’emprunt de la délivrance “ rapporte moins de 5e du précédent. On souhaite la fin du conflit, celui-ci a pris la vie a trop d’enfants du village. Payer signifie participer à ce carnage. Les rédacteurs déplorent ce manque de confiance et regrettent amèrement de compter de “ mauvais Français. “ Ils se mobilisent et constituent le “ Comité local chargé de rechercher les moyens propices à provoquer les versements d’or “. Ils réalisent même une affiche destinée à convaincre les récalcitrants, en leur disant : “ Songez à ce que deviendraient vos économies si ce peuple de barbares parvenait à nous imposer ses volontés “ (5 ; 61). Régulièrement le curé exhorte ses paroissiens à verser leur or à l’Etat car il tient “ de source sûre qu’il en reste encore beaucoup dans les maisons “ (9 ;33). Le lancement de “ l’emprunt de la Libération “ lancé le 20 octobre 1918 est un “ succès complet “ . On se félicite d’avoir récolté 13.802 francs de rente représentant un capital de 244.295,40 francs. Alors que la paix n’est plus qu’une question de jours, les villageois souscrivent en masse. Ces économies, qu’ils sacrifient alors que la victoire est assurée et que la fin des angoisses est proche sont destinées à faire durer la paix. L’effort de guerre sur lequel compte les autorités pour subvenir aux besoins des réfugiés et financer le conflit est un choix personnel dépendant de motivations et convictions. L’absence de réponse à l’appel lancé par l’Etat ne s’explique pas forcément par un manque de patriotisme. L’étude du moral des Larrazettois en témoigne.

POUR LIRE LA SUITE DE CETTE CONTRIBUTION, vous pouvez commander ce numéro ou vous abonnez à la revue dans la rubrique kiosque. 

Page précédente



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
En vente sur ce site
Manuel Azaña et la France sous la direc. de Jean-Pierre Amalric. Autour des meilleurs spécialistes et témoins, tout sur le rapport de l’ancien chef d’Etat avec la patrie de Molière
1940, le Sud-Ouest dans la tourmente
Philippe Lamour, l’homme aux multiples En cette période de préoccupants aléas climatiques , il est utile de rappeler le parcours singulier de l’homme qui mit l’irrigation des terres languedociennes au coeur des préoccupations des (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 16 € pour une année complète d’Arkheia