Arkheia, revue d'histoire

Le PCF a-t-il voulu prendre le pouvoir à la Libération ?

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°17-18
Auteur : Max Lagarrigue, hsitorien, auteur de 99 questions... La France sous l’Occupation (CNDP, 2007).

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Dès 1943, le Parti communiste français engage une stratégie révolutionnaire de prise du pouvoir à la Libération. La présence de communistes agissant clandestinement au sein des principales instances de la Résistance intérieure lui assure une influence importante. Pourtant bien placé dans sa concurrence avec le CFLN du général de Gaulle, le PCF échoue finalement à la Libération.

Le Parti communiste français s’engage ouvertement dans la résistance à l’occupant après l’attaque allemande contre l’URSS. Préconisant la lutte armée à outrance, il est à l’origine d’une vague d’attentats sans précédent contre les occupants et les collaborationnistes. Aux attentats succèdent les arrestations en masse, les prises d’otages et les condamnations à mort par les Allemands ou par les Sections spéciales de Vichy. Cette politique de guérilla demeure peu efficace, même si sa fonction principale est politique et dépasse le cadre national. En s’engageant dans la lutte armée, le PCF manifeste son soutien inconditionnel à Staline qui appelle de ses voeux l’ouverture d’un « second front à l’Ouest ». Après la création des FTP en avril 1942, le PCF engage un rapprochement avec la France libre. Si, l’alliance entre gaullistes et communistes est scellée en janvier 1943, le PCF poursuit toujours une double stratégie. Ainsi, si l’entrée de Pierre Villon au CNR et l’envoi de Fernand Grenier à Londres sont des signes de la participation des communistes à l’union de la Résistance, le PCF se fait représenter dans le même temps à Alger aux côtés du général Giraud. Cette connivence avec les giraudistes permet en septembre 1943, la libération de la Corse et le contrôle de l’île par les communistes du Front national. La disparition brutale de Jean Moulin provoque une difficile succession au CNR dont le PCF réussit habilement à tirer avantage. La direction est confiée à Georges Bidault, démocrate - chrétien, par ailleurs adhérent du Front national, une organisation de masse contrôlée par les communistes. Absorbé par son travail au CNR et par la refondation d’un groupe politique démocrate-chrétien, Bidault laisseles communistes libres de prendre des décisions importantes. Un bureau permanent est créé, qui devient le bras exécutif du CNR, au sein duquel Pierre Villon, membre du PCF, joue un rôle prépondérant. Il est l’instigateur d’une charte de la Résistance qui prend, le 15 mars 1944, le nom de « Programme du CNR ». Ce texte inspiré par le chef du PCF clandestin, Jacques Duclos, est un véritable programme politique. Tout en contrôlant le CNR, le PCF place ses pions à la direction des Mouvement unis de la Résistance à travers des sous - marins comme Pierre Hervé ou Maurice Kriegel - Valrimont, deux cadres communistes de premier plan qui agissent sous le masque, ou bien de Pascal Copeau qui leur est acquis. Le PCF a aussi des (...)


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