Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) du 30 novembre le déstabilisant. Cette interprétation s’avère et reste pertinente. Néanmoins nous pensons que le poids du Parti dans cette “ région ”, avant les événements de l’automne 1938, est réduit à une étroite “ couronne ” de militants. L’existence de l’UDP (Union de défense paysanne) du Lot peut laisser croire à une forte représentation communiste, cependant l’influence du P.C. dans cette organisation est limitée. Les rapports de Sautel à ce sujet sont particulièrement précis :

“ Il faut rappeler ici que dans l’important mouvement de défense paysanne du Lot, pratiquement nous n’avons guère que Bourgnoux comme militant actif. Dans le journal paysan du Lot, bien que le directeur en soit la camarade Cassagnade, de nombreux numéros paraissent sans qu’il y ait un seul article signé par un militant paysan du parti, alors qu’il y en a à profusion écrits par les socialistes ”.

Dans son compte-rendu de février 1938, il en conclu que la “ région ne suit pas avec l’attention nécessaire ce mouvement. Elle n’a pas la liaison nécessaire avec les camarades y militant. Il faudra que de nouveaux camarades participent à l’activité des comités, écrivent dans le journal (...) Une telle attitude amène à faire reporter toute la responsabilité à un ou deux camarades (...) Il convient d’indiquer que l’Union de défense paysanne défend les revendications paysannes que nous mêmes défendons et qui sont inscrites dans le programme du Front populaire ”.

A partir de ce constat, la rupture de “ l’automne 1938 ” est un critère moins sensible qu’il n’y paraît. L’organisation et l’influence du parti communiste dans le Lot sont restreintes bien avant cette date, son importance est surtout due au crédit que lui accorde l’administration préfectorale et la propagande anticommuniste. La surestimation de l’autorité du parti communiste est peut-être due au fait que son audience est plus forte que son organisation. La nouvelle fédération tarn-et-garonnaise a un sort peu différent. Le délégué en tournée, examinant la situation locale, fait des remarques identiques : “ il y a dans ce département un manque de cadres et partant de là une organisation a peu près nulle ”. La direction est délaissée à un seul “ camarade, Pédurand ”. Celui-ci cumule comme Barrières les postes de la “ région ”, la trésorerie et le “ travail pratique ”. Roger Pédurand, issu des jeunesses communistes, est un très jeune secrétaire fédéral, n’ayant que 23 ans lorsqu’il accède à ce poste. La fédération décrépite est vide de cadre. Son seul recours est Pédurand. Poliomyélitique, Roger Pédurand ne peut aisément entreprendre la visite de toutes les cellules de la fédération. C’est ce qui fait déclarer au délégué Colin que “ chaque cellule se débrouille comme elle peut et en pratique les rayons ne fonctionnent pas, n’existant que (...)



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