Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) sur le papier ”. L’isolement et la “ faiblesse politique ” des cellules, totalement délaissées par la direction, engendrent des situations quelque peu cocasses. Colin signale :“ à Castelsarrasin où nous avons une cellule d’entreprise, la cellule avait décidé une délégation auprès du patron pour exiger le renvoi des ouvriers non syndiqués ”. La situation de l’organisation tarn-et-garonnaise, en octobre 1936, est inchangée en octobre 1938 lors de la tournée de propagande organisée par le Comité central. Le délégué abonde, après une visite de toutes les sections et cellules de la fédération, dans le sens de ses prédécesseurs :

“ la région est mauvaise, très faible, tant comme direction qu’en tant qu’effectifs. La direction régionale n’existe pas en fait. Elle est confiée dans les seules mains du secrétaire qui a beaucoup de bonne volonté, qui se dévoue pour le parti, mais à qui il manque encore de savoir travailler et surtout de faire travailler les autres (...) département très faible, comme cadre surtout, en ce qui concerne l’organisation ”.

La “ région ” de la Corrèze offre des perspectives un peu plus réjouissantes. Waldeck Rochet, qui dirige la conférence régionale en tant que délégué du Comité central, trouve le Parti “ en grand progrès en Corrèze. Il a la confiance des masses. Les jeunes se tournent vers nous ”. Néanmoins, il ne lui échappe pas que “ le camarade Bourdarias ” qui dirige le secrétariat régional avec deux autres militants “ néglige par trop les problèmes d’organisation et de direction ”. La Corrèze, a contrario du Quercy, est une pépinière de nouveaux cadres. La direction tétracéphale, et Vazeilles qui sans être officiellement au secrétariat de la région est un membre très influent, engendrent une “ lutte de clan ”. La fougue du jeune Boudarias est semble t-il à l’origine d’un antagonisme avec Marius Vazeilles dont les fonctions ont été sensiblement restreintes. Ce dernier est à la fois le créateur de la première organisation syndicale paysanne d’obédience communiste, la Fédération des travailleurs de la Corrèze, et l’instigateur de l’implantation de la SFIC corrézienne dont il est le secrétaire fédéral durant au moins une décennie. Qualifié comme un militant “ peu doctrinaire ”, Marius Vazeilles, de 20 ans l’aîné de Bourdarias, est peu rodé aux pratiques de la bureaucratie du Parti. Homme de terrain, pragmatique et clairvoyant, il est comme Renaud Jean un militant de la vieille garde qui ne se complaît pas dans la rhétorique creuse. Waldeck Rochet, face à cette situation, conclut : “ Il faudrait au secrétariat régional, un militant nouveau, organisateur se passant en dehors et au-dessus des clans ”. Ces propos ne sont pas en faveur d’Antoine Bourdarias qui aux dires de Rochet a “ négligé par trop les problèmes d’organisation et de direction (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
En vente sur ce site
1940, la Belgique du repli. L’histoire d’un petite Belgique dans le Sud-Ouest de la France (100 photos et 50 témoignages inédits).
Gaullisme et antigaullisme
Gérard Belloin, Mémoires d’un fils de (...) Durant des décennies, l’historiographie communiste a été nourrie d’une quantité invraisemblable de récits autobiographiques, de mémoires. Ces récits de vies furent le plus souvent « le fruit d’une (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia