Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) ”. Cette admonestation du délégué à l’encontre de Bourdarias, qui ne semble pas prendre ces remarques au sérieux, lui vaut un mois plus tard, lors du Comité régional du 16 février 1936, d’être déposé des fonctions qu’il occupait au secrétariat de la “ région ”. La présence à nouveau de Waldeck Rochet à cette conférence régionale n’est pas sans relation avec la mise à l’écart temporaire de Bourdarias. Ce dernier, ayant refusé d’admettre qu’il avait “ négligé l’organisation ”, commet une faute en ne se pliant pas à la discipline du Parti, c’est-à-dire l’autocritique. Waldeck Rochet constitue un nouveau secrétariat dont la composition socioprofessionnelle est quelque peu surprenante pour un département à dominante rurale. Le secrétaire Clovis Chirin et son adjoint Robert Chieze sont tous deux ouvriers à la Manufacture d’armes de Tulle. Volonté d’homogénéisation de la Direction ou de satisfaire la hiérarchie de son parti, le choix de Rochet n’en finit pas de surprendre, lui qui est pourtant un “ spécialiste des questions agricoles ”. Cette situation ne peut être que transitoire. Léon Mauvais, à la suite de Rochet, souligne que les “ faiblesses d’organisation ” persistent. Le secrétaire Chirin se déclare “ secrétaire provisoire ”, ce qui confirme le fait que la direction fut nommée le 16 février par Rochet, autrement dit par le “ centre ”. Dans les conclusion de son rapport, Léon Mauvais insiste sur le fait qu’il faille “ régler la question du secrétaire régional ”. Le plébiscite en faveur de Bourdarias des militants de la “ région ”, est souligné par le délégué qui n’émet aucun veto à sa réhabilitation.

Des militants “ sectaires ” où anti-ouvriériste ?

Les appointés du “ centre ” se plaignent du “ sectarisme ” des militants des régions qu’ils visitent. Cet épithète recouvre plusieurs significations dans les rapports des délégués. D’ailleurs, il ne semble pas que cette expression soit essentiellement issue du changement de ligne annoncé lors du VIIIe Congrès national du PCF. Dès la fin des années 20, des rapports de Conférences régionales émettent cette position. Celle-ci correspond moins à l’intolérance ou au dogmatisme de quelques adhérents épars qu’à l’idée que les militants ne sont pas suffisamment fanatiques pour observer les mots d’ordre “ ultra-gauchistes ” du Parti. Le délégué de la CR de la région “ Garonne ” en février 1932 qualifie ainsi le sectarisme : “ C’est la non-confiance ” en “ la combativité des ouvriers ” qui “ sont un mur entre notre parti et les travailleurs ”. Les “ déviations sectaires ” se manifestent donc lorsque “ le travail de la direction ” est gêné dans l’application de ces directives ouvriéristes. Des militants comme Renaud Jean ou Marius Vazeilles, au fait de la politique qu’il est bon de mener (...)



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