Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) auprès des ruraux pour qu’ils acceptent d’adhérer ou de confier leurs suffrages au PCF, sont conscients que les directives de la Bolchevisation et de la ligne “ classe contre classe ” sont plus un désavantage qu’un adjuvant. Ce sectarisme décrit par les délégués, est celui que présente Sautel contre Alfred Bourgnoux lorsque ce dernier responsable du travail dans l’UDP du Lot se plaint que le “ parti ne fait pas assez pour les paysans, et fait trop pour les fonctionnaires ”. La critique contre l’Appareil ou contre la ligne est dès lors considérée comme un acte de “ sectarisme ”. Dans un second temps, le “ sectarisme ” renvoie à la notion courante d’intolérance. C’est de cette manière que Rochet l’utilise quand il attribue cette défaillance à Bourdarias :

“ Il parle de l’attitude des radicaux et des socialistes ; de ses explications, il ressort que l’on n’a pas toujours appliqué de façon large notre politique de Front populaire. Bourdarias exprime d’ailleurs sur ce point quelques opinions un peu sectaires ”.

Le vocable communiste est double. Sa traduction et son interprétation sont fortement dépendantes de la ligne du Parti. D’une manière simplifiée, on peut résumer que lorsque le PCF est engagé dans une coalition de Gauche, à l’exemple du Front populaire, la phraséologie du Parti renvoie à la notion ordinaire du sectarisme, c’est-à-dire à l’idée d’étroitesse, d’intolérance. Dans les périodes “ d’isolement classiste ” le vocable s’inverse, prenant un sens contraire à la définition de l’expression sectaire. On peut dire que durant ces périodes la qualification de “ sectaire ” signifie pour le parti communiste que ses militants ne sont pas suffisamment sectaires ; dans le sens où les adhérents émettent des desiderata quant à l’application complète des directives.

La presse communiste régionale, l’état de “ région ” contrastée

La force d’un parti se mesure en dehors de son organisation et de l’homogénéité de sa doctrine, à l’état de sa presse. “ Une presse est l’expression d’une bonne organisation, mais un journal prospère aide à renforcer celle-ci en étendant le rayonnement de son action ”, se plaît à dire Rolande Trempé. S’il est un point où le parti communiste dans le Sud-ouest a des difficultés, c’est bien dans celui de ses organes. Avant la décentralisation de la région “ Garonne ”, l’organe du parti communiste, la Voix des Travailleurs, est dans une situation critique. Néanmoins, le contexte et particulièrement la ligne “ ultra-gauchiste ” du PCF accroissent les difficultés des militants de province. La situation après la victoire du Front populaire modifie t-elle le poids de la presse communiste ? Les délégués sont attentifs en ce domaine plus encore qu’aux questions de “ déviationnisme ”. Deux organes nous semblent correspondre aux vœux de (...)



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