Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) première fois dans ce département, un mandat de député au communiste Marius Vazeilles. L’image que nous renvoie l’organe lotois correspond à la situation d’anémie de la “ région ”. Le parti communiste lotois en 1936 peut se targuer d’avoir un hebdomadaire, ce qui est en soi un exploit pour une telle “ région ”. Le Tarn-et-Garonne, par exemple, doit attendre la Libération pour créer un hebdomadaire fédéral. “ Notre Quercy ”, l’adjectif possessif implique pour nous deux sens. D’une part, il renvoie à l’idée du particularisme propre à la région. Les communistes montrent par là leur attachement et leur racine lotoise. Ils cherchent à créer un mur contre les autres formations politiques qui d’après-eux sont plus parisiennes que quercinoises. D’autre part, la création de l’hebdomadaire correspond au retournement de la ligne du Parti vers une propagande “ gallocentrique ”. De facto, le journal du PCF se doit de recourir à un titre qui s’attache à un sol et qui renvoie à des références historiques populaires propres à la population lotoise. Force est de constater que la francisation et le particularisme du vocabulaire communiste ne portent pas leurs fruits en ce qui concerne l’organe du parti communiste lotois. En une année, l’hebdomadaire “ Notre Quercy ” accuse une dette de “ 14.239 francs ”. Les perspectives sur la fin de l’année 1938 montrent que le passif s’élèvera à “ 30.000 francs ” si rien n’est fait. Avec un tirage de 1450 numéros par semaine la “ région ” exagère l’étendue de son lectorat. Effectivement, les abonnés ne représentent que 31% des ventes ce qui revient à dire que les 69% restant sont des invendues. Cette situation désastreuse semble incomber, aux dires de Sautel, au “ manque total d’administration ” et au “ manque de contrôle de la direction ”. Des discussions entre le délégué et la Direction du B.R. s’engagent à ce propos. Les militants lotois acceptent de nommer “ une nouvelle administration ” qui “ devra mettre les affaires à jour et établir un budget ”. Le secrétaire fédéral, Léon Feix, reléguant les propositions de Sautel, préfère “ réorganiser l’administration et poursuivre l’expérience actuelle pendant encore quelques semaines ”. Malgré toute la “ bonne volonté du camarade Monteil ”, nouvel administrateur à la place de Daniel Barrières, la situation est difficilement récupérable avec les moyens financiers de la “ région ”. Tous les bénéfices réalisés avec les fêtes et bals du Parti sont “ engloutis par le journal ”, ce qui nuit considérablement “ au développement du Parti dans le Lot ”. Le bien fondé de la parution de “ Notre Quercy ” est sérieusement mis en doute. Son interruption est une question de semaines. Celle-ci intervient lors du Comité régional réuni dans la commune communiste de Lamothe-Fénelon, le 14 juin 1938. En (...)


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