Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) présence de l’instructeur Sautel le CR suspend le tirage, le dernier “ numéro étant celui du 18 juin ”. Deux mesures sont prises. “ Il faut ” d’une part adresser une lettre expliquant aux abonnés les raisons “ pour lesquelles nous ne pouvons continuer à paraître ”, l’arrêt de l’abonnement étant compensé par l’envoi de numéros de “ la Terre ou de la Vie ouvrière ”. D’autre part, un “ gros ” effort est réclamé “ à toute l’organisation du Parti ” en vue d’organiser des fêtes. Les bénéfices réalisés “ serviront en grande partie à couvrir le déficit de gestion de Notre Quercy ”. L’aventure éditoriale du parti communiste lotois se conclut par un échec patent. Néanmoins, l’existence de “ Notre Quercy ” était-elle durable à long terme avec la concurrence d’un éditorial SFIO dont le prix à l’abonnement est 25% moins cher ? Par ailleurs les paysans n’avaient nul besoin de lire “ Notre Quercy ” pour connaître le programme des communistes. L’organe de l’UDP du Lot leur suffisait. Les rapports et missives des missi dominici sur les trois “ régions ” que nous avons choisies, nous décrivent des situations et des perspectives contrastées. Deux tendances nettes se détachent, celle d’un “ Quercy ” (Lot et Tarn-et-Garonne) lourdement handicapé par l’insuffisance de son encadrement et les faiblesses idéologiques de ses dirigeants et celle d’une “ région ” corrézienne dont l’évolution est comparable au Lot-et-Garonne, où l’implantation ancienne du mouvement syndical paysan et la personnalité de Marius Vazeilles créent une situation très favorable au parti communiste. Le désintérêt et l’inactivité de Cassagnade sont un élément qui a certainement dirigé une partie des paysans, favorables à certaines idées émises par le Parti au sein de l’UDP, vers les partis traditionnels. Nous constatons des différences entre les “ régions ”. Cependant une constante est visible dans tous nos départements sous la forme d’une résistance, voire d’un véritable refus dans l’application du programme de Rassemblement populaire.

Résistance au changement ou “ sectarisme ”, le Front populaire ou le mythe du rassemblement

Le Front populaire est un événement historique où les hagiographies sont nombreuses. La majorité d’entre-elles s’efforcent de vanter les positions républicaines et antifascistes du parti communiste français ou les décisions du gouvernement S.F.I.O., en mettant en oeuvre par exemple l’Office national interprofessionnel du blé en août 1936. Ces faits sont avérés mais ils n’éclairent que la partie visible de l’iceberg. Ils font rarement état des positions “ ultra-nationalistes ” du parti communiste, des résistances de la “ base ” au programme du Rassemblement populaire, du refus de la “ francisation ” par les militants.

“ La France aux français ”

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