Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) 

Deux cas dont nous ne savons s’ils sont représentatifs nous ont semblé intéressants. L’instructeur Sautel met en relief une situation qui n’est pas sans équivoque pour le parti communiste, parti qui se représente comme le Parti de l’antifascisme et qui apporte son aide à la République espagnole en lutte contre l’hydre franquiste. Dans la préfecture cadurcienne, le secrétaire de la cellule “ Pasionnaria ”, un certain “ camarade Ichard ”, est qualifié de “ sectaire ” et irritant. Jusque là rien de particulièrement troublant si ce n’est que ces allégations lui sont attribuées pour son attitude à l’égard des militants étrangers. La cellule “ Pasionnaria ” comme son nom l’indique est influencée soit par un groupe communiste qui a voulu manifester son attachement à la lutte menée par Dolores Ibarruri, soit par la présence d’une forte proportion d’Espagnols, ou bien les deux à la fois. Si la première idée ne nous est pas confirmée, la présence d’Espagnols l’est. La cellule comprend “ 6 français et un italien ” et le “ reste ” est “ composé par des Espagnols ”. Les communistes français sont minoritaires, ils représentent seulement 20% de l’effectif. Les Espagnols groupant 23 adhérents constituent les trois-quarts de la cellule. Il est difficile d’affirmer qu’il s’agit là de positions personnelles de Pierre Ichard dont on dit qu’il “ est loin d’avoir la sympathie des copains ” et “ qu’il se livre à des remarques inopportunes et inconsidérées ”, ou si ces positions correspondent aux idées “ ultra-nationalistes ” du Front français. Force est de constater que le résultat est sans appel. La cellule “ Pasionnaria ”, la plus importante de Cahors, voit son effectif s’effondrer avec l’abandon du groupe espagnol. Un fait, outre la personnalité peut-être singulière d’Ichard, confirme que son attitude est liée aux mots d’ordre du Parti. Ichard, vieux militant qui fut secrétaire adjoint du groupe socialiste avant le congrès de Tours, joue un rôle dominant dans l’application du programme de Rassemblement populaire. Délégué au Comité de coordination socialiste-communiste, il est à la tête de l’Union tant clamée par le parti communiste avec le “ parti frère ”. Son comportement apparaît peu cohérent dès ce rapprochement. Par ailleurs, il ne reçoit aucune sanction mais, au contraire, est chargé d’établir cette Union et devient archiviste de l’UD-CGT réunifiée. Son “ sectarisme ” est, nous semble t-il, très sélectif. Ichard est-il tout simplement xénophobe ? Ce qui n’est plus vraiment incompatible avec la nouvelle ligne chauvine du PCF.

Une francisation à “ contre-courant ”

Nous l’avons dit, la politique qu’annonce le PCF à Villeurbanne veut rompre avec la phraséologie révolutionnaire comme l’annonce Marcel Cachin à la tribune du Congrès :

“ Nous avons appris maintenant (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
L’historien Philippe Marcy revient sur une histoire qui a marqué les mémoires, la grève des mineurs de Decazeville en 1961-1962. Le bassin Houiller aveyronnais a 35 000 habitants environ. La mine employait 5 200 salariés en 1945, elle en compte 2 000 en 1962.
Un portrait de Jean-Louis Marteil, (...) Jean-Louis Marteil fait partie de ces auteurs atypiques qui d’ambler sont attachants et sympathiques. Après un courte carrière à la Sécurité sociale puis une autre comme vendeur d’appareils photos, (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia