Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) mouvement communiste. Le refus du drapeau tricolore ou de l’hymne national indique la réussite de la Bolchevisation du Parti. Celle-ci a transposé l’histoire nationale des militants français sur celle de l’URSS. De là naît la difficulté pour eux d’intégrer des symboles qu’ils ont refoulés et combattus comme étant ceux de la Droite.

Une discipline électorale mal acceptée

Le programme de Rassemblement populaire prévoit un accord lors des scrutins électoraux entre les trois partis de la Gauche : les radicaux, les socialistes et les communistes. Cette alliance n’est pas neuve pour les radicaux et les socialistes qui se sont déjà unis lors du Cartel des gauches en 1924, par exemple. Si le programme du Rassemblement populaire est pour les uns une entente élargie de la plate-forme politique du Cartel aux communistes ou pour les autres une application de la discipline républicaine pour “ barrer la route au fascisme ”, dans la pratique le retrait en faveur d’un candidat que l’on a considéré, parfois plusieurs années, comme un ennemi politique s’avère plus complexe. Les élections législatives de 1936 dans le Tarn-et-Garonne témoignent de cette difficulté. Les communistes, disciplinés, se désistent tous au second tour en faveur des candidats radicaux. Toutefois, ces désistements se font dans la douleur. Le secrétaire, Roger Pédurand, dans un article publié entre les deux tours dans La Dépêche de Toulouse, manifeste son désarroi devant l’obligation qui est faite aux candidats communistes de se désister pour des candidats radicaux, hostiles au Front populaire :

“ Considérant que le citoyen Daille qui a soutenu jusqu’au bout le cabinet Laval s’était placé ainsi en dehors du Front populaire (...) nous avions déclaré que nous ferions tout pour que le citoyen Daille ne soit plus le candidat du Front populaire au second tour (...) Ce n’est pas sans un haut le cœur que les communistes voteront pour le citoyen Daille mais nous ne voulons pas faillir aux engagements pris par nos camarades Cachin et Thorez ”.

Se réfugiant dans les slogans antifascistes, le secrétaire appelle à reporter les suffrages des électeurs communistes en faveur des candidats radicaux pour lutter contre la “ réaction ” du Marquis de Boulancy d’Escayrac Lauture et un candidat de “ la ligue des jeunes patriotes ”, Augarde. L’obéissance à la hiérarchie du Parti reste la seule valeur unanimement respectée par tous les militants, le “ parti ayant toujours raison ”. Néanmoins, certaines fédérations manifestent leur résistance à cette politique consensuelle. La “ région de la Dordogne ” dépasse le cadre communément admis de la phraséologie oppositionnelle. Un véritable antagonisme prend naissance, non pour les élections législatives mais pour les élections cantonales d’octobre 1936 entre la Direction de la “ région ” Périgourdine et le “ rayon ” de (...)



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