Arkheia, revue d'histoire

Le PCF dans le Sud-Ouest : centre et périphérie

Par Max LAGARRIGUE
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Article publié dans
Suppléments
Max Lagarrigue : historien, spécialiste du communisme rural, il a notamment publié : Renaud Jean. carnets d’un député paysan communiste (Atlantica, 2001).

(...) être sujet à une affaire. Le second critère est plus naturel. La visite correspond à un "synode" dans lequel on étudie, on contrôle l’évolution de la situation de la “ région ”. Le rapport du délégué a dès lors une importance décisive pour la suite des opérations. La fréquence des rencontres est représentative de la santé d’une “ région ”. La “ région ” du Lot, par exemple, connaît durant la seule année 1938 les visites de quatre délégués. Cette fréquentation élevée du département quercinois n’est pas sans analogie avec les difficultés avec lesquelles la “ région ” est en prise. Avec un total de 41 jours de présence, la “ région ” lotoise figure au palmarès des fédérations les plus surveillées du Sud-ouest. Sa récente création en est sans doute l’une des raisons. Toutefois, les motifs invoqués par l’instructeur-délégué du Comité central n’y font pas allusion. L’inspection suscitée ou non par la “ région ”, se concrétise par un rapport sur l’état du Parti dans la zone contrôlée. Si ce dernier est peu favorable, il n’est pas systématique qu’une procédure se mette en place. L’élément qui autorise le plus souvent l’envoi pendant une durée au moins égale à 15 jours d’un instructeur, est la peur réelle ou imaginaire d’un “ déviationnisme ”. Il convient d’expliquer ce qui correspond à cette expression dans les rapports des délégués. Deux critères principaux semblent se rapporter au terme générique de “ déviationnisme ”. Il revient dans les rapports des délégués sous la forme d’une autonomie de certains “ rayons ” quant aux choix de leur gestion. Le “ rayon ” de Bergerac dans les rapports de Maurice Colin est pris à partie. La direction de celui-ci ayant au préalable délibéré en faveur d’une “ décentralisation du rayon ”, réfute les décisions du délégué qui est en désaccord avec cette décentralisation. Dès lors, Colin s’arrange pour focaliser le différent sur un militant, en le transformant en un véritable désaveu pour le Parti. Dans un second temps, la déviance plus en rapport avec la chronologie, celle des purges staliniennes, est découverte sous l’appellation de “ Trotskisme ”. Le rapport de R. Roucaute, après une semaine en délégation dans le Lot, en est un exemple. Les critiques émises par certains militants, moulés durant une décennie dans une ligne sectaire, contre “ la politique de main tendue ” du PCF, deviennent en un tour de main, une fois les responsables désignés, des militants “ trotskistes ” qui ont été manipulés par “ un instituteur pivertiste ”. Il est assez curieux que l’instructeur Sautel qui a séjourné deux mois dans ce département et qui a sillonné la grande partie de l’organisation n’ait jamais, sous quelque allusion que ce soit, rapporté de tels propos. La seule allusion qui n’a en rien le caractère que veut bien lui (...)


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